mardi, 24 juin 2008

La Choule - Accueil

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- Pour voir la liste complète des 117 billets par thèmes : Sommaire .
- Pourquoi ce blog s'appelle-t-il La Choule ? 
- Quelle est la ligne de ce "blog intello" ? Qui est Mezetulle ?

    Mise à jour du 24 juin 2008. Bonne visite !

10:54 Publié dans Editos | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : blog

Deux saisons. Edito de fermeture

Deux saisons, une coupe bien remplie, mais un sac vide !
Edito de fermeture

 par Mezetulle

La Choule a ouvert en février 2007. Deux saisons de rugby, deux tournois des VI Nations, deux championnats de France, et trois coupes pleines à ras bord (deux H Cup et une Coupe du monde). Il y a certes encore de la place dans la coupe, mais le sac de La Choule se vide... et finit par ne plus présenter que de médiocres commentaires de match ou des anecdotes rose paillettes coiffées d'un très traditionnel béret.

Mais n'allons pas racler les épluchures au fond du sac : après avoir médité tant de fois sur la temporalité, restons sur le flamboyant souvenir de ces deux saisons. La Choule s'arrête en pleine forme à la veille d'une finale de Top 14 qui promet d'être plus que passionnante. Son coeur battra pour Clermont, avec une pensée pour Greg bien sûr. Mais comme elle aime beaucoup le rose elle applaudira aussi le beau jeu toulousain !

Le blog reste ouvert à la consultation tant que la plate-forme Paramourdurugby le permettra : 117 articles tout de même ce n'est pas rien ! Certains, susceptibles de ne pas prendre trop de rides, seront repris avec quelques adaptations sur le blog de Catherine Kintzler Mezetulle que je vous invite à visiter surtout si vous aimez les articles intello légèrement casse-pieds.

Et pour avoir toujours un aliment frais, un bon goût salé de pelouse pimentée, La Choule vous recommande les blogs figurant ci-contre en lien, tout particulièrement Rugbymane, Esprit en mêlée , Ovalove et Fenêtre ovale qui sont bien loin d'avoir vidé leur sac !

Merci à la plate-forme Paramourdurugby pour cette très bonne idée, pour la présentation et la maintenance. Merci aux bloggeurs amis qui ont accueilli La Choule et ses parti-pris avec tant d'esprit et de bonne humeur. Catherine reste en ligne : rendez-vous sur Mezetulle.

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dimanche, 08 juin 2008

La grand'messe du rubgy et le chemin de Paris-Paillettes

La grande messe du rugby et le chemin de Paris-Paillettes

par Mezetulle

J'ai assisté hier à la rencontre Biarritz-Stade français, où mes chouchous ont gagné (22-18) à l'issue d'un match "réaliste", en engrangeant des points chaque fois qu'une pénalité se présentait. Un seul essai "bleufleurdelysé" par Julien Arias : c'est malgré tout Biarritz qui nous en a offert deux autres. Couzinet a marché sur la tête de Marconnet - une paille qui ne lui a valu qu'un carton jaune. Skrela, pourtant dans un bon jour, s'est fait mal au bout de 10 minutes et a dû sortir. Quant à Hernandez, le pauvre, je n'ai pas arrêté de pester contre lui parce qu'il ratait tous ses coups de pied sans jamais trouver de touche ; j'apprends ce matin qu'il jouait avec une entorse : pardon, mago, mais quand on est tout en haut du stade, c'est le genre de chose qu'on ne peut pas voir...

Bon, malgré une première mi-temps assez alerte, ce ne fut pas très enthousiasmant, surtout à cause d'un jeu en chandelle foireuse un peu trop systématique et sifflé à juste titre par le public : ça roulait, on a eu rapidement l'impression que "la messe était dite".

Pour les amuse-gueule, les hors-d'oeuvre et les desserts concoctés par Max Guazzini, alors là, il y avait vraiment de tout, et même de l'inédit, c'était un comble. Un petit raccourci d'intervilles avec tobbogans et vachettes (oui, des vraies vaches de 350 kg plutôt nerveuses...). Le mini concert de Jennifer.

Une magnifique démonstration d'acrobatie aérienne par les Farfadais (voir l'album).

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Je passe sur l'inévitable tour de piste du bouclier de Brennus (on la connaît celle-là, profites-en Fabien, ce n'est pas sûr qu'on puisse le faire encore l'an prochain...), les motos, les girls du Moulin Rouge. L'arrivée du ballon descendu (treuillé) d'un hélicoptère par le RAID : très impressionnant, mais sur mes photos, ils ont l'air de fourmis noires... Un émouvant hommage à Thierry Gilardi.

Mais le clou, c'est La Choule qui l'avait sous les yeux, tout près, tout près. Dans la marée rose bon enfant, cinq minutes avant le coup d'envoi, un peloton d'hommes bon chic bon genre en béret noir frappé de l'écusson du Stade toulousain prend place en silence deux rangs devant moi. C'est du sérieux, respect, ils ne rigolent pas, ils arrivent juste pour voir le match : les paillettes parisiennes, on ne la leur fait pas, ils laissent le cirque aux badauds... A la mi-temps, ils grillent une cigarette : tiens, ça me les rend plus sympathiques ; il faut peu de chose parfois...

Bien entendu, à la fin du match, ils se lèvent. Puis, ils s'arrêtent...

J'invente le dialogue suivant qui commente les photos.

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- Allez, on y va, on n'a pas besoin de tout ce cirque. (Ils sont déjà dans l'escalier) 
 
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(Ils s'arrêtent, redressent la tête lorsque jaillit la première gerbe)
- Le spectacle pyrotechnique, bof. On reste quand même un peu, tu crois ? 
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(Ils reviennent sur la plate-forme et s'accoudent)
- On a quand même payé pour ça. Restons debout, on verra mieux.
Et puis personne ne le saura...

Je vous propose deux titres pour la série, un peu méchant ou plus consensuel, au choix : 

1° "L'Ovalie profonde sur le chemin de Paris-Paillettes"
2° "La grande famille du rubgy réunie au Stade de France"

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dimanche, 18 mai 2008

Un ennui resplendissant

Quand du fécond printemps a resplendi l'ennui

par Mezetulle

 Je n'osais pas écrire un article pour dire qu'on s'ennuie un peu en ce moment ; juste quelques petits événements, Montpellier bat Toulouse mais c'est sans grande conséquence... J'ai regardé, l'oeil morne, un match "pas beau" entre Brive et Paris  - et ce n'est pas parce que mes chouchous ont perdu.. franchement le match n'était pas très palpitant : un duel de coups de pieds manqués... Pas de quoi me mettre une larme d'encre sous la plume.

Je n'osais pas, j'enviais presque les palpitations des footeux en transe ce week-end... quand j'ai cliqué sur le blog de Pierrot. Lui a osé, et magnifiquement. Alors je vous invite à lire l'article Taupe 14  ; il dit en peu de mots choisis et assonants (pas assommants) qu'il n'y a "Rien de neuf dans les galeries".

C'est ça la différence entre les philosophes et les poètes: personne ne s'ennuie à lire un poète qui dit qu'il s'ennuie... car il fait resplendir l'ennui, même quand ce n'est pas celui du "stérile hiver".

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22:20 Publié dans Top 14 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Top 14

samedi, 10 mai 2008

L'indicatif et le performatif

L'indicatif et le performatif

 par Mezetulle

Après une longue léthargie passée dans la privation, La Choule, fuyant les pluies et la froidure du grand Sud (je ne plaisante pas, 10° dans l'Ariège et ciel plombé), entre dans l'ambiance parisienne estivale (26° à Paris), ferme les persiennes afin d'éviter un terrible soleil plombant et savoure la pénombre... pour se réveiller devant un programme de télé enfin regardable.

Montauban-Perpignan. C'est presque trop pour une reprise, cette overdose de drops, de retournements, de phases de jeu intenses et vacillantes, de ballons cachés qui progressent là où on ne croit pas qu'ils sont.... J'en ai le vertige, c'est très bon mais c'est fort, ça devrait se goûter à la petite cuillère et voilà que j'en reçois de pleines louches. Et comme si ça ne suffisait pas, je prends aussi une leçon de philosophie du langage.

Dans les tribunes montalbanaises, nulle inscription provocatrice ne vient rabaisser l'adversaire - mais ça c'est normal dans un stade de rugby. Il y a mieux : nulle inscription glorificatrice ne vient célébrer banalement et bêtement l'équipe au maillot vert, car le raffinement supporter atteint à Montauban un sommet logico-philosophique par une tautologie autoréférentielle qui me laisse un moment perplexe. A la fois comique et impérieuse, une banderole verte medium_Montauban80.jpgprécise savamment : "Ici, c'est Sapiac !", comme si les spectateurs présents et leurs visiteurs ne le savaient pas....

Mais non, que je suis bête : la banderole ne s'adresse pas à ceux qui sont là, mais à ceux qui, comme moi, sont le nez collé à leur écran de tv, dans l'indistinction de toutes les vertes pelouses, et donc il importe de préciser que ce n'est pas n'importe quel vert. C'est celui du stade Sapiac à Montauban, lieu singulier : vous y êtes, vous pouvez le regarder, nous voir, vous y voir (1).medium_MagrittePipe.jpg

Plus que devant le célèbre tableau de Magritte "Ceci n'est pas une pipe", on se croirait dans un chapitre de la Poétique d'Aristote expliquant le plaisir qu'on a à identifier les personnages au théâtre : "celui-là, c'est lui !", jubilation de l'enfant découvrant l'ivresse de l'indicatif dans un geste gratuit - "ça, c'est ça".

On m'avait bien dit que le rugby est un sport parlé. Justement, voilà que j'entends l'arbitre déclarer, désignant ce qui se passe sur le terrain : "c'est un ruck !" Et le commentateur se régale à expliquer pourquoi il dit ça, et ce qui se serait passé s'il ne l'avait pas dit. La déclaration de ruck n'est pas une sanction, ce n'est pas une indication, ce n'est pas non plus une décision : c'est un acte de jeu qui se dit en se faisant et qui se fait en se disant.

Tandis que les tribunes parlent à l'indicatif, l'arbitre parle au performatif.

1 - Renseignement pris sur le web, on trouve une explication bien décevante : il existe un blog d'école primaire qui s'intitule "Ici, c'est Sapiac", et ce sont peut-être ces charmants bambins qui ont fabriqué la banderole. N'empêche que l'étrange effet-tautologie de l'indicatif en autoréférence se produit quand même !

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dimanche, 20 avril 2008

La Choule en manque

La Choule en manque

 par Mezetulle

Privée de télé Canal+ en ce moment, La Choule en est réduite à écouter les échos des matches du Top 14, à prendre des infos de seconde main... Qu'est ce que vous voulez faire avec ça ? Pas la moindre petite fleur arrachée à une pelouse à se mettre sous le nez, pas le moindre beau petit problème intello à débusquer à la sortie d'une mêlée bien opaque. Juste de très beaux résultats "secs" pour Clermont et pour un flamboyant Beauxis, des nouvelles tristounettes pour Vincent Clerc, et un peu de nostalgie pour la page que tourne Peter De Villiers. En fait, j'attends que Greg se réveille pour pouvoir me précipiter sur son blog et lire le dithyrambe qu'il ne manquera pas de poster en l'honneur de l'ASM.

Paradoxe : c'est lorsque je séjourne en Ariège, dans une Ovalie plus-que-parfaite, que je me trouve dans cet état de manque ! Alors qu'à Paris.... bref, le monde à l'envers. Assez pleurniché : il me reste à éteindre la télé ("il n'y a vraiment rien") et à prendre un break en consultant Rugbyrama...

Ah oui tout de même je mets mon polo fleurdelisé, eh bien que croyez-vous qu'il m'arrive dans les rues de Lavelanet ? Rien du tout, même pas le moindre petit chambrage. Pas évident de transformer du cacadoie taché de rose en chiffon rouge... Je me demande finalement si je n'aurais pas dû plutôt apporter le tout rose avec "Paris" en gros marqué dessus. Bof, comme le dit Proust, avec les femmes tout finit par une question d'essayage.

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dimanche, 06 avril 2008

La force de la joie intérieure (Toulouse-Cardiff)

La force de la joie intérieure. Toulouse-Cardiff 6 avril 08

par Mezetulle

Tout a réussi aux rouges de Toulouse dans ce match au rythme époustouflant qui est parvenu étonnamment à briser des Gallois pourtant jusqu'alors infatigables. A partir de la 70e minute (4e essai toulousain, marqué au milieu des poteaux en marchant comme les deux précédents... et transformé), les diables de Cardiff ont presque souri en gesticulant leur impuissance. Et la victoire toulousaine pourtant déjà assurée ne fut pas bétonnée par une classique "mise au chaud" de soigneux pick and go attendant la délivrance de la sirène, mais au contraire ponctuée en gerbe de feu d'artifice sur un tempo de French Cancan par l'exultation d'un drop final.

medium_ToulouseCardiff8avr08.jpgTout leur a réussi, non pas jusqu'à leurs fautes, mais jusqu'à leur absence de peur de commettre des fautes... Cette absence de peur, lorsqu'elle est soutenue par une véritable valeur, par un travail acharné, par une maîtrise technique, n'est pas de l'outrecuidance, ni même de la témérité car elle n'a rien à voir avec le courage : c'est une assurance, une sorte de jubilation de soi-même qui se transforme en allégresse sur le terrain et qui balaie tout devant elle, adversaires, choses et vents contraires. Cela ressemble à de la chance, mais une chance qu'on a méritée et qu'on a su capter au bon moment.

Et même aussi j'ose croire que la joie intérieure a quelque secrète force pour se rendre la fortune plus favorable. Je ne voudrais pas écrire ceci à des personnes qui auraient l'esprit faible, de peur de les induire à quelque superstition [...].  Mais, touchant les actions importantes de la vie, lorsqu'elles se rencontrent si douteuses que la prudence ne peut enseigner ce qu'on doit faire, il me semble qu'on a grande raison de suivre le conseil de son génie, et qu'il est utile d'avoir une forte persuasion que les choses que nous entreprenons sans répugnance, et avec la liberté qui accompagne d'ordinaire la joie, ne manqueront pas de nous bien réussir.
Descartes, Lettre à Elisabeth, novembre 1646

Et quand on a su cultiver son génie propre, cette manière Champagne et jubilatoire, jusqu'au sommet de l'excellence, on peut aller sans répugnance à Twickenham.

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mardi, 01 avril 2008

Un ballon à écailles ?

Un ballon à écailles ? Une contingence peut en chasser une autre

  par Mezetulle

Un ballon transformé par la pluie en savonnette, essuyé, caressé dérisoirement et archaïquement avec une serviette de toilette avant le lancer en touche... C'est ce qu'on a vu encore la semaine précédente dans la pataugeoire du Stade Aguilera à Biarritz, où chaque chute s'accompagnait d'une gerbe d'éclaboussures comme on n'en voit que dans les bandes dessinées... et sur les terrains de rugby.

Qu'est-ce qui fait glisser le ballon, et le métamorphose en gigantesque glaçon ovoïde insaisissable qui, telle une fusée, s'échappe d'autant plus vite qu'il est fortement enserré ? Pas seulement l'humidité : la forme ovale prend sous la pluie et dans la rosée les propriétés d'une double queue de poisson. Et ce ne sont pas les petits picots du revêtement qui peuvent arrêter la glissade vers les extrémités. D'où l'idée d'un revêtement qui ressemblerait à des écailles élasmoïdes miniature ... mais implantées à l'envers, à rebrousse-poil si l'on peut dire, et symétriquement de part et d'autre, de sorte que la prise soit recentrée vers la panse et que la fuite vers les pointes soit sinon bloquée, du moins empêchée. Essayez donc de faire glisser un poisson dans vos mains de la queue vers la tête en le serrant...

On sait que bien des techniques dont on aurait aujourd'hui du mal à se passer (fermeture éclair, attaches velcro) sontmedium_LaMain.3.jpg inspirées d'un modèle existant dans la nature - en l'ocurrence les micro crochets dont l'imbrication forme les plumes de certains oiseaux. Pour remplacer les peaux de phoques sous les semelles des skis de randonnée, on utilise déjà depuis longtemps des sortes d'écailles de synthèse qui bloquent le retour du ski vers l'arrière à la montée sans freiner son glissement vers l'avant à la descente. Il n'est donc pas si étonnant que des équipes de chercheurs travaillent aujourd'hui à transposer cette technique, en la miniaturisant, à la saisie d'une gonfle ovoïde chargée de pluie par des mains gantées de boue...

Les choses sont cependant loin d'être au point et il n'est pas encore question d'introduire cette nouveauté sur les terrains en dehors de quelques expérimentations - reste notamment à résoudre le problème du comportement de la balle dans le jeu au pied et surtout celui de medium_RebondImprévu.jpgson évolution aérienne. En effet, les micro-écailles offrant une résistance alternée à l'air, le ballon devient totalement instable dès qu'il s'élève rapidement. On ne ferait donc, en l'état actuel des recherches, qu'échanger une contingence contre une autre. Le temps des spectaculaires et comiques en-avants humides, celui des serviettes de toilette sur le banc de touche n'est donc pas près d'être détrôné.

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dimanche, 23 mars 2008

Gros comme un éléphant et subtil comme un passé antérieur

Gros comme un éléphant et subtil comme un passé antérieur

 par Mezetulle

La Choule est assez bon public et revient du Stade de France avec un sentiment différent de ce qui s'écrit çà et là chez les "connaisseurs", et notamment sur les forums très select et magnifiquement grincheux par principe de Rugbyrama.

Un "non-match à oublier" une "mascarade", cette rencontre entre le Stade français et le Stade toulousain du 22 mars qui se solde par une défaite remarquable du Stade toulousain 29 à zéro ??? Nullement. Malgré une balle glissante, malgré medium_22032008_014_.jpgune pelouse détrempée et une giboulée glacée qui a accueilli le coup d'envoi, on a vu de belles choses : du mouvement, du jeu, de la variété, des Parisiens remontés, acharnés à conquérir, au-delà de la victoire, le bonus offensif. Une équipe toulousaine nullement diminuée, nullement composée de seconds couteaux comme cela a été répété à l'envi et si dédaigneusement ces jours derniers, et parfaitement au point techniquement, notamment en mêlée et en touche.

Manque d'envie de la part des rouge et noir tout simplement : cela crevait même les yeux d'un gogo de Parisien qui n'y connaît rien et qui, c'est connu, se fait attraper par les cotillons guazziniens.... cela se voyait aussi gros que l'éléphant rose qui a défilé, avec les medium_22032008_006_.jpgmasques vénitiens sur échasses, avant le match (voir l'album). Je m'en tiens à cette explication "naïve" : après tout c'est celle que Guy Novès avance et c'est la plus vraisemblable.

Faisant un petit tour sur le magnifique site du Stade toulousain, j'y trouve le plus beau récit du match, qui surpasse de loin tout ce qui se fait ailleurs. Il faut absolument aller lire ça, un exemple parfait de narration. Les Diafoirus de la pédagogie moderne peuvent en prendre leçon, eux qui, pour cesser d'enseigner la langue belle et forte, demandent régulièrement dans leurs rapports "à quoi peut bien servir le passé antérieur" et autres subtilités dont un "gamin d'aujourd'hui" n'a nul besoin, qu'il n'entendra jamais : il serait donc urgent de cesser de les lui apprendre.

A quoi peut bien servir le passé antérieur? Mais à lire un compte rendu de match sur le site du Stade toulousain, lequel retrace comment "après que Jeanjean eut été rattrapé " (et à la voix passive s'il vous plaît !!), le ballon "sortait" et fut recueilli par Blin qui marqua un essai ! A comprendre comment, de façon assez surprenante, on peut enchaîner ici un passé antérieur (événement ponctuel) avec un imparfait (action plus longue) - ce qui est aussi une intellection du rugby, seul sport où le ballon peut mettre un certain temps à "sortir" !!! A lire, en outre, quelques romanciers, poètes, fabulistes et autres rêveurs qui croient qu'une langue ne se réduit pas à un idiome parlé par des idiots bornés aux utilités immédiates. A savoir déployer les temporalités et les causalités, à ne pas s'effaroucher devant la conjugaison anglaise pas plus ni moins subtile que celle-ci. A dire, à lire et à penser ...

Mais à quoi bon répondre, puisque la question, ramenée à sa formulation essentielle et abjecte, contient la réponse : à quoi bon embarrasser le bon peuple de telles subtilités?

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dimanche, 16 mars 2008

La petite classe de Paris à l'école de Clermont

La petite classe de Paris apprend à conjuguer le verbe mergo à l'école de Clermont

par Mezetulle

Larguée en première période sur un score qui a risqué d'être bananier (38-0 à la pause), la toute jeune équipe du Stade français, une fois renforcée par quelques aînés du banc, a pu jouer une seconde mi-temps honorable (12-12) pour un large score final en faveur de Clermont (50-12).

Aussi ne sortirai-je pas mon smiley mouchoir rose, pourtant déjà bien humide et que j'ai toujours à portée de code html cette saison. Je n'éprouve même pas le ressentiment injuste qui m'a prise lors du lamentable match contre Perpignan. Pas de passions tristes. D'abord parce que la démonstration de Clermont en première période était véritablement fondée sur sa force et sa supériorité, exaltées par l'inexpérience - mais pas par la bêtise ni même par la faiblesse intrinsèque - de l'équipe adverse. Juste une question de niveau. Ensuite parce que la seconde période, en redonnant aux roses quelques épines endurcies par les saisons passées, fut plus qu'intéressante.

Galthié aguerrit cette jeune classe et lui apprend à conjuguer le verbe mergo (1) en commençant par le passif - ça donne mergitur et ça vous tanne le cuir et le moral, même dans l'eau douce de la Seine ou des lacs d'Auvergne. Rude école en effet, puisqu'il l'esseule sur un prestigieux stade chauffé à jaune et devant une équipe d'acier pendant toute la première période, histoire de voir si elle a du souffle en totale apnée. Et déjà de ce plongeon redoutable sortent sans suffoquer Camara, Dibel auteur d'un essai, Paillaugue et Montanella. Je sens que je vais apprendre bien vite les autres noms.

Quant au public clermontois, croyant un moment avoir affaire à l'équipe insubmersible qui avait "sorti" les jaunards l'an dernier, il a néanmoins vite remisé ses sifflets et autres et ils sont où les Parisiens? pour revenir dignement à sa tradition savante et chaleureuse. Un petit garçon à l'écharpe jaune suivait avec application, le regard plein d'admiration, les allers-retours de "déconditionnement" des fleurdelisés après le match, en toute simplicité : toute une ambiance.

J'ai même aperçu très nettement Greg collectionnant autographes et posant pour les photos qu'il va sûrement mettre sur son blog ! (2)

(1) mergo, ĕre, mersi, mersum : - plonger (dans l'eau), submerger, engloutir. au fig. plonger, enfoncer, précipiter dans, engloutir, absorber dans. Voir le dictionnaire latin-français en ligne.
Rappelons que la devise de Paris est Fluctuat nec mergitur.
(2) Bien entendu c'est ce qu'il a fait : allez voir cet article et aussi l'album.

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samedi, 15 mars 2008

Rugby en salle et par procuration critique

Rugby en salle et par procuration critique

 par Mezetulle

Le programme de la Choule cet après-midi du 15 mars ? Scotchée sur France 2, enfilant les plus belles perles du rugby européen, avec Italie-Ecosse, puis Angleterre-Irlande pour exploser avec l'apothéose Pays de Galles-France ?

Mais non, vous n'y pensez pas : le calendrier des VI Nations, ne consultant jamais celui de la très vénérable Société française de philosophie (née en1901, à peu près en même temps que les rencontres qui ont donné naissance à ce bel objet sportif), La Choule enfilera des perles tout aussi prestigieuses dans l'amphithéâtre Michelet de la Sorbonne. medium_Dioptrique3.gifProgramme : réunion du bureau, Assemblée générale, Conférence, Débat, Réception du conférencier à la brasserie "Le Balzar"... Arrf, je pourrai toujours avoir le lot de consolation en Top 14 avec Perpignan-Montpellier en soirée et demain un Stade français-Clermont qui s'annonce plus que pathétique.

Sécher ? vous n'y pensez pas : c'est moi qui ai le carnet de chèques et sans moi ils ne pourront rien boire... Et puis la conférence sur Vico par Alain Pons sera sans aucun doute à la hauteur de l'intérêt d'une belle rencontre de rugby, la pensée critique ayant elle aussi, comme vous le savez, ses saveurs acides et ses moments "champagne". Enfin, sachez que le Bureau de la SFP est composé en grande majorité de maniaques des sports de balle (avec une petite tendance à préférer le foot pour certains d'entre eux, m'enfin...). Le logo de la SFP vous rappellera peut-être quelque chose: c'est le petit joueur de paume de la Dioptrique de Descartes, lui que j'ai toujours trouvé si bon pour le moral...

On aura donc le plaisir de parler, de faire nos pronostics, de dire tout le bien et le mal que nous pensons des joueurs, du sélectionneur, des arbitres, des maillots, de la pelouse, du temps qu'il fait, de célébrer les matches et les tournois de jadis et naguère, et de s'abandonner, pendant le pot, aux délices de quelques explications de texte du Midol. Non sans avoir soigneusement, avant de partir, programmé les magnétoscopes et autres enregistreurs.

Chers amis rugbymaniaques et amateurs de belles joutes critiques, ayez une pensée pour La Choule cet après-midi, et avant d'allumer vos étranges lucarnes, allez jeter un coup d'oeil sur le site internet de la Société française de philosophie...

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dimanche, 09 mars 2008

Oser la crise

Oser la crise ? (Stade français-USAP 12-23)

par Mezetulle

Après la défaite contre Biarritz la semaine dernière et le lamentable match perdu contre Perpignan hier à Jean Bouin, le Stade français livre sur son site une (j'allais écrire "analyse" mais le mot est bien trop empreint de lucidité) justification affligeante qui en dit long :

Le président de l’Usap avait annoncé une crise en début de semaine après le nul à Dax. Ses joueurs se sont donc retrouvés en stage commando. Le Stade Français sortait lui d’une défaite à Biarritz. Privé de très nombreux cadres Paris ne recevait pas Perpignan dans les meilleures conditions. Pour ressouder un groupe rien de telle [sic] qu’une bagarre. Les Catalans se sont beaucoup servis de cette astuce pour partir du bon pied dans la partie.

Ce qui est vrai pour l'USAP - regarder une crise en face, oser la nommer, la vivre et la traiter, en revenir plus fort et plus soudé - ne le serait donc pas pour Paris ? On se met la tête dans le sable et on brandit des motifs extérieurs : "On a une infirmerie trop pleine, on a des joueurs mobilisés par les VI Nations". Mais cela est vrai aussi pour Clermont, pour Toulouse... A cela s'ajoutent - encore pire - les arguments pleurnicheurs de cour de récréation "L'Usap est arrivé avec l'intention d'en découdre, sniff !"... mais j'espère bien ! Et vous ?

Ces pauvretés n'expliquent pas une démobilisation qui se voyait comme le nez au milieu de la figure. Je ne parle pas seulement du calamiteux lancer en touche à 5 m de l'en-but rose qui, atterrissant directement dans les mains d'un adversaire, a offert un essai à l'USAP. Je ne parle pas seulement de la passe "téléphonée" et interceptée... qui a conduit à un second essai. Je parle d'une ambiance générale dépressive, qui transpirait à travers les beaux restes de perfection technique - laquelle n'en était que plus pathétique. Le coeur et la nécessaire dose de hargne n'y étaient pas.

Que faut-il souhaiter maintenant au Stade français ? Une belle crise, une vraie, de celles qu'on peut formuler et vivre en explosant, en s'eng..., en travaillant sur soi-même. Ils se sont bien offert les années passées, en plus de l'abondance de biens, ce qui ne s'achète pas : un moral d'acier... Pourront-ils s'offrir, malgré leur gros budget, une vraie déréliction - une traversée du désert sans déserteurs ?

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