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dimanche, 20 avril 2008
La Choule en manque
La Choule en manque
par Mezetulle
Privée de télé Canal+ en ce moment, La Choule en est réduite à écouter les échos des matches du Top 14, à prendre des infos de seconde main... Qu'est ce que vous voulez faire avec ça ? Pas la moindre petite fleur arrachée à une pelouse à se mettre sous le nez, pas le moindre beau petit problème intello à débusquer à la sortie d'une mêlée bien opaque. Juste de très beaux résultats "secs" pour Clermont et pour un flamboyant Beauxis, des nouvelles tristounettes pour Vincent Clerc, et un peu de nostalgie pour la page que tourne Peter De Villiers. En fait, j'attends que Greg se réveille pour pouvoir me précipiter sur son blog et lire le dithyrambe qu'il ne manquera pas de poster en l'honneur de l'ASM.
Paradoxe : c'est lorsque je séjourne en Ariège, dans une Ovalie plus-que-parfaite, que je me trouve dans cet état de manque ! Alors qu'à Paris.... bref, le monde à l'envers. Assez pleurniché : il me reste à éteindre la télé ("il n'y a vraiment rien") et à prendre un break en consultant Rugbyrama...
Ah oui tout de même je mets mon polo fleurdelisé, eh bien que croyez-vous qu'il m'arrive dans les rues de Lavelanet ? Rien du tout, même pas le moindre petit chambrage. Pas évident de transformer du cacadoie taché de rose en chiffon rouge... Je me demande finalement si je n'aurais pas dû plutôt apporter le tout rose avec "Paris" en gros marqué dessus. Bof, comme le dit Proust, avec les femmes tout finit par une question d'essayage.
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11:45 Publié dans Editos | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
dimanche, 06 avril 2008
La force de la joie intérieure (Toulouse-Cardiff)
La force de la joie intérieure. Toulouse-Cardiff 6 avril 08
par Mezetulle
Tout a réussi aux rouges de Toulouse dans ce match au rythme époustouflant qui est parvenu étonnamment à briser des Gallois pourtant jusqu'alors infatigables. A partir de la 70e minute (4e essai toulousain, marqué au milieu des poteaux en marchant comme les deux précédents... et transformé), les diables de Cardiff ont presque souri en gesticulant leur impuissance. Et la victoire toulousaine pourtant déjà assurée ne fut pas bétonnée par une classique "mise au chaud" de soigneux pick and go attendant la délivrance de la sirène, mais au contraire ponctuée en gerbe de feu d'artifice sur un tempo de French Cancan par l'exultation d'un drop final.
Tout leur a réussi, non pas jusqu'à leurs fautes, mais jusqu'à leur absence de peur de commettre des fautes... Cette absence de peur, lorsqu'elle est soutenue par une véritable valeur, par un travail acharné, par une maîtrise technique, n'est pas de l'outrecuidance, ni même de la témérité car elle n'a rien à voir avec le courage : c'est une assurance, une sorte de jubilation de soi-même qui se transforme en allégresse sur le terrain et qui balaie tout devant elle, adversaires, choses et vents contraires. Cela ressemble à de la chance, mais une chance qu'on a méritée et qu'on a su capter au bon moment.
Et même aussi j'ose croire que la joie intérieure a quelque secrète force pour se rendre la fortune plus favorable. Je ne voudrais pas écrire ceci à des personnes qui auraient l'esprit faible, de peur de les induire à quelque superstition [...]. Mais, touchant les actions importantes de la vie, lorsqu'elles se rencontrent si douteuses que la prudence ne peut enseigner ce qu'on doit faire, il me semble qu'on a grande raison de suivre le conseil de son génie, et qu'il est utile d'avoir une forte persuasion que les choses que nous entreprenons sans répugnance, et avec la liberté qui accompagne d'ordinaire la joie, ne manqueront pas de nous bien réussir.
Descartes, Lettre à Elisabeth, novembre 1646
Et quand on a su cultiver son génie propre, cette manière Champagne et jubilatoire, jusqu'au sommet de l'excellence, on peut aller sans répugnance à Twickenham.
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20:25 Publié dans Coupe d’Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Toulouse, Coupe d'Europe
mardi, 01 avril 2008
Un ballon à écailles ?
Un ballon à écailles ? Une contingence peut en chasser une autre
par Mezetulle
Un ballon transformé par la pluie en savonnette, essuyé, caressé dérisoirement et archaïquement avec une serviette de toilette avant le lancer en touche... C'est ce qu'on a vu encore la semaine précédente dans la pataugeoire du Stade Aguilera à Biarritz, où chaque chute s'accompagnait d'une gerbe d'éclaboussures comme on n'en voit que dans les bandes dessinées... et sur les terrains de rugby.
Qu'est-ce qui fait glisser le ballon, et le métamorphose en gigantesque glaçon ovoïde insaisissable qui, telle une fusée, s'échappe d'autant plus vite qu'il est fortement enserré ? Pas seulement l'humidité : la forme ovale prend sous la pluie et dans la rosée les propriétés d'une double queue de poisson. Et ce ne sont pas les petits picots du revêtement qui peuvent arrêter la glissade vers les extrémités. D'où l'idée d'un revêtement qui ressemblerait à des écailles élasmoïdes miniature ... mais implantées à l'envers, à rebrousse-poil si l'on peut dire, et symétriquement de part et d'autre, de sorte que la prise soit recentrée vers la panse et que la fuite vers les pointes soit sinon bloquée, du moins empêchée. Essayez donc de faire glisser un poisson dans vos mains de la queue vers la tête en le serrant...
On sait que bien des techniques dont on aurait aujourd'hui du mal à se passer (fermeture éclair, attaches velcro) sont
inspirées d'un modèle existant dans la nature - en l'ocurrence les micro crochets dont l'imbrication forme les plumes de certains oiseaux. Pour remplacer les peaux de phoques sous les semelles des skis de randonnée, on utilise déjà depuis longtemps des sortes d'écailles de synthèse qui bloquent le retour du ski vers l'arrière à la montée sans freiner son glissement vers l'avant à la descente. Il n'est donc pas si étonnant que des équipes de chercheurs travaillent aujourd'hui à transposer cette technique, en la miniaturisant, à la saisie d'une gonfle ovoïde chargée de pluie par des mains gantées de boue...
Les choses sont cependant loin d'être au point et il n'est pas encore question d'introduire cette nouveauté sur les terrains en dehors de quelques expérimentations - reste notamment à résoudre le problème du comportement de la balle dans le jeu au pied et surtout celui de
son évolution aérienne. En effet, les micro-écailles offrant une résistance alternée à l'air, le ballon devient totalement instable dès qu'il s'élève rapidement. On ne ferait donc, en l'état actuel des recherches, qu'échanger une contingence contre une autre. Le temps des spectaculaires et comiques en-avants humides, celui des serviettes de toilette sur le banc de touche n'est donc pas près d'être détrôné.
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15:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


