mercredi, 20 février 2008
Carpe diem
Carpe diem. Heureux ceux qui ont appris à lire dans Horace
par Mezetulle
"Cueille donc le jour présent, sans trop te fier au lendemain". Que vient faire ici la célèbre citation de l'Ode à Leuconoé d'Horace ? Mais exactement ce qu'elle fait, tatouée sur les reins de Trevor Hall, le 7 du Biarritz Olympique qui, se faisant passer un petit coup de massage-gel aérosol vendredi dernier lors du match contre Montpellier, a
complaisamment laissé le soigneur remonter son maillot sous la caméra de Canal +, me laissant juste le temps de reprendre mon latin... Carpe diem, oui oui, c'est bien ce que j'ai lu, je n'en croyais pas mes yeux... Et l'équipe du BO l'a bien cueilli, ce jour de victoire, comme une fleur sur la pelouse de Montpellier.
Je n'y serais pas revenue si, ouvrant ce matin Le Parisien, je n'avais encore rencontré la citation, à peine voilée, dans les déclarations de Morgan Parra le nouveau demi de mêlée du XV de France, et sans l'accompagnement ordinaire du contresens jouisseur qui, encouragé par une lecture hâtive de Ronsard, la déforme trop souvent. Au contraire, la voilà reprise et assaisonnée comme il convient à la belle sauce antique du "kairos" (l'occasion à saisir et qui ne repassera pas):
Là on me donne ma chance, à moi de la saisir pour l'affirmer. Je prends chaque jour comme un nouveau bonheur.
Et on a même une variante sur Rugbyrama :
Moi, je prends les choses comme elles viennent, je profite du plaisir et du bonheur que me procurent ces moments.
Tout l'esprit du jeu est là, dans cette saveur du présent qui s'offre et qu'il ne faut pas laisser fuir en s'empoisonnant à la coupe du tourment possible à venir. C'est tout ce qu'on lui souhaite: cueillir, avec la toute jeune équipe, ce 23 février contre l'Angleterre sur la pelouse du Stade de France, et si possible nous offrir le bouquet du beau jeu qui pense d'abord à lui-même. Heureux ceux qui ont appris à lire dans Horace. Et qu'on puisse continuer la lecture des poètes avec Corneille :
Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées
La valeur n'attend pas le nombre des années.
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23:15 Publié dans Concepts, art, littérature , Equipe de France | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Biarritz, Morgan Parra, Trevor Hall, équipe de France, littérature
dimanche, 07 octobre 2007
Un haka reconverti
Un haka reconverti. Réflexions sur une opération esthétique
Beaucoup de choses ont été dites sur le haka des All Blacks, et je vais en remettre une couche arpès le match du 6 octobre.
Quel est au juste son statut ? C'est une admirable chorégraphie rituelle, mais une chorégraphie : alors il faudrait la produire avant les hymnes nationaux - ce qui contribuerait à élever le niveau des divertissements d'avant-match. On pourrait de la sorte avoir un festival de hakas, car il y en a pour toutes circonstances. Mais à l'évidence, les All Blacks l'utilisent comme un deuxième hymne qui leur appartient en propre, et lui donnent un caractère intimidant. Pourquoi alors seraient-ils les seuls à bénéficier d'un second hymne ? On m'objectera qu'il y va de leur "identité"... c'est comme si on coupait les griffes à un chat, etc. Mais l'identité n'est pas un motif pour rompre l'égalité : les Ecossais n'ont jamais imaginé danser la gigue, les Italiens la tarentelle, les Français le French cancan, la java (euh pardon la sumatra ? la bornéo ?), etc., après les hymnes nationaux et juste avant le coup d'envoi...
La réponse à la question est en partie dans le contenu même du haka : il est sans réplique, c'est une danse absolue. Avec une tarentelle, une gigue ou une valse, on peut faire de l'esprit, de l'autodérision, on peut même atteindre le beau, mais on ne va pas jusqu'au sublime. Le haka fascine : son effet repose sur une esthétique du sublime - on est happé, on s'en veut de ne pas avoir trouvé quelque chose d'aussi fort. Et, tel un oiseau fasciné par le chat qui l'hypnotise avant de le dévorer, on ne peut s'empêcher de regarder comme on regarde dans un gouffre, on est à la fois apeuré et transporté. La force de ce haka est d'excéder le beau pour parvenir au terrible, forme de l'admirable. On ne peut pas, comme Ulysse le fit avec le chant des Sirènes, se boucher les oreilles (ici fermer les yeux) ou s'attacher quelque part pour ne pas voir. Les Sirènes exercent une séduction, mais le haka ne séduit pas : il exalte et horrifie à la fois. Inutile de s'en détourner car il n'appelle aucune réponse, il n'appelle qu'une contemplation muette : il est par définition sans réplique.
Que faire alors devant cette chorégraphie ? Il faut savoir que c'est une chorégraphie, savoir que c'est sublime et que le sublime, comme la chorégraphie, est fragile : il suffit d'un tout petit décalage pour qu'il sombre sinon dans le dérisoire, du moins dans le déplacé. Un grain de sable peut rompre le charme, et faire que "ce n'est pas ça". Car le sublime ne repose pas sur un secret de fabrication maori : il y a belle lurette que les trucs en ont été éventés au IIe siècle de notre ère par le pseudo-rhéteur Longin, dont le Traité du sublime fut traduit en français par Boileau en 1674.
Réduisons les choses à l'aspect chorégraphique. L'essentiel repose ici sur une occupation fantasmatique de l'espace qui s'effectue paradoxalement par un dispositif chorégraphique presque immobile : un espace effrayant tout entier projeté vers l'avant et vers le haut, reposant sur la visibilité des visages, de la face avant du corps des danseurs, et sur des gestes esquissés vers l'avant (d'autant plus énergiques que leur force est dans leur rétention-projection) ou effectués de bas en haut genoux fléchis. L'espace ainsi produit est ce qu'on appelle une "quantité esthétique" : il n'est plus mesurable en unités rationnelles... il devient une immensité, le théâtre de la défaite annoncée.
Alors, étant entendu qu'il faut accepter le "sans réplique" en consentant au regard, il faut trouver quelque chose qui frappe cet espace, qui l'oblitère, qui en bloque l'expansion et qui le ramène à sa quantité mathématique. Exactement ce qu'ont fait les Bleus, et cela dans trois dimensions, avec une grande pertinence : la photo (AFP) ci-dessous l'illustre très bien (1).
1° Blocage de l'expansion vers l'avant. Il suffisait de s'approcher, au plus près, jusqu'à faire croire aux danseurs qu'on allait les toucher : audace sacrilège sans doute, mais qu'il suffisait de suggérer. Plus prosaïquement : un danseur qui sent, à la suite d'une erreur de trajectoire, que son mouvement risque de heurter une cloison est déstabilisé. Il doit reprendre ses marques. Ici, c'est le mur qui s'est approché, ce n'était pas prévu et ils sont redevenus ce qu'ils sont à ce moment : de simples et beaux danseurs.
2° Blocage de l'expansion vers le haut. Reconvertir le fléchissement des genoux en abaissement. Comment ? En n'ajustant pas le regard sur l'horizontale du vis-à-vis, mais en restant debout, de telle sorte que les regards se croisent sur une ligne oblique de haut (Bleu) en bas (Black). Les toiser, tout simplement. Facile, puisqu'ils s'accroupissent presque ! Mais cela ne pouvait se faire que de près : souriez, on vous regarde, on vous trouve beaux, mais pour le sublime vous repasserez. C'est une variante de la fameuse figure du silence d'Ajax lorsque Achille vient lui parler sur le seuil des Enfers.
3° Déviation de l'espace héraldique, entièrement capté d'ordinaire par la puissance de la danse: en principe les spectateurs n'auraient dû avoir d'yeux que pour les danseurs. Et là ce fut la bonne idée des couleurs : dévier le regard du spectateur, l'obliger à se partager entre les deux équipes par l'exhibition de couleurs flamboyantes autant que symboliques - bleu blanc rouge - exhibition d'autant plus remarquée qu'on n'était pas en France ! "nous sommes visibles, nous portons nos couleurs, ce moment nous appartient autant qu'à vous". Ajoutons à cela la neutralisation du noir en gris (la guéguerre du maillot) : les Furies (je parle de celles qu'on a dans la tête) n'ont pas pu déployer complètement leurs ailes.
Il restait, pour soutenir cette opération de reconversion esthétique, et pour qu'elle ne sombre pas elle-même dans le dérisoire, à jouer un match digne de ce moment de désamorçage. Il restait à faire le plus gros! Mais la lucidité et l'à-propos sont précieux, même dans les petites choses.
1 - Voir aussi la photo sur le site de Sport365, avec un article de J. F. Paturaud.
17:15 Publié dans Concepts, art, littérature , Coupe du Monde , Equipe de France , Mes coups de cœur | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : haka, All Blacks, Bleus, danse, chorégraphie
Au seul bruit de ton nom, doit-on trembler d'effroi ?
Au seul bruit de ton nom, doit-on trembler d'effroi ?
Ils l'ont fait !
par Mezetulle
La guéguerre du maillot n'était pas une futilité : elle a révélé une mentalité black superstitieuse, regardante sur l'extériorité, petite faille morale.... Ensuite, en avant-match, le regard et l'approche "au plus près" ont ramené le haka à ce qu'il est : au mieux une admirable danse rituelle de bien meilleur niveau que celle des pom pom girls, au pire une gesticulation d'intimidation. Il ne fallait lâcher sur rien. Ni sur les principes, ni sur la conviction que personne n'est invincible. Et jouer, jouer son meilleur rugby, n'être jamais au-dessous de soi-même ; comme dirait Descartes, (réapproprié par La Choule) : jusqu'au bout, sans jamais croire que c'est perdu, sans jamais croire que c'est gagné.
C'est fait. Ils l'ont fait. Les Bleus ont battu les Blacks sur la pelouse de Cardiff. Bravo bravo bravo.
Je passe la parole à Corneille, en traficotant un peu le texte...
BLACK
Sais-tu bien qui je suis ? (Ici : haka prolongé avec beaucoup de gesticulations)BLEU
Oui, tout autre que moi
Au seul bruit de ton nom pourrait trembler d'effroi
Les palmes dont je vois ta tête si couverte
Semblent porter écrit le destin de ma perte.
J'attaque en téméraire un bras toujours vainqueur,
Mais j'aurai trop de force, ayant assez de coeur.
A qui soutient haka il n'est rien d'impossible;
Ton bras est invaincu, mais n'est pas invincible.
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00:19 Publié dans Actualités , Coupe du Monde , Equipe de France | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Bleus, Black, victoire, Cardiff
samedi, 22 septembre 2007
Sortis de la nasse... vers le grand large?
Sortis de la nasse... vers le grand large? France-Irlande du 21 sept
par Mezetulle
L'épreuve (comme diraient les imprimeurs, les photographes et les graveurs) du Trèfle a sorti un bon positif. On est maintenant plus que requinqué : rassuré.
Le match contre la Namibie avait juste permis au XV de France d'entrer dans le sas qui mène dans le grand bain de la Coupe du monde. Pour paraphraser le titre du journal gratuit Métro du 21 sept : ils ont ouvert maintenant la porte dans le bon sens, ou plutôt la bonne porte, celle qui mène vers la pleine mer - l'océan qui bat les côtes non loin de Cardiff. Encore leur faut-il traverser la mer Noire qui baigne la Géorgie et prier Eole et Neptune pour qu'ils soufflent (cette fois dans l'autre sens) sur les voiles irlandaises en route vers l'Argentine. Je sais que ma géographie est un peu sinueuse, mais elle est à l'image du début français en CM. Cela ne fait qu'ajouter un paradoxe de plus, un détour de plus à ceux que j'ai versés au crédit d'un sport "dialectique" ! Comme le dit un proverbe chinois que j'invente pour la circonstance : pour faire pousser une salade, inutile de tirer dessus, il faut sarcler autour... A force de faire le tour, on peut arriver au centre.
Au rugby, la contingence est forte. Mais à cette contingence de structure, le début balbutiant du XV de France a ajouté celle du calcul des places... Comme dans un vulgaire championnat de n'importe quoi d'autre, on en est réduit à tenir compte d'une extériorité, de parier sur des matches qu'on ne joue pas et de prier un ciel qu'on ne voit pas pour espérer un classement honorable à la fin des rencontres de poule. Comme si la vie rugbystique n'était pas assez compliquée comme ça, comme s'il fallait se faire des frayeurs surnuméraires.
Cela dit, le match était vraiment intéressant à regarder. Et j'ai fini par comprendre rétrospectivement à quoi servaient les grands coups de pied de Michalak durant la 1re mi-temps : c'était un entraînement pour en tirer un en deuxième période, cette fois décisif parce que parfaitement ajusté sur Clerc, non ?
La Choule est rentrée jeudi 20 d'une journée médiatique digne d'un politique faisant le tour des plateaux un soir d'élections, et sur les rotules. Un passage éclair à Radio classique info m'a permis de tester mes réflexes. Les Helvètes de Radio Suisse romande (A première vue) m'ont ensuite offert une magnifique heure entière de conférence-discussion, la grande classe : en m'écoutant sur leur podcast, je me demande même où j'ai été chercher tout ça ... FR3 en soirée (Ce soir ou jamais) m'a plongée dans une ambiance people speedée où le rugby a dû se défendre avant de repartir à la charge. Je pensais jouer à l'arrière, mais j'ai vite vu que ça ne suffit pas de recevoir la balle : il faut aussi monter en courant ! Le maquillage était réussi, mais je n'ai pas réussi à le fixer plus d'une soirée, loin derrière Mme de Sévigné
qui, quand ça lui arrivait, parvenait à le garder 15 jours !
Et, moi, je n'ai pas hésité à aller chez le coiffeur la veille ; il est vrai que je ne suis pas Samson "l'animal"...
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11:55 Publié dans Coupe du Monde , Equipe de France | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Irlande, média
lundi, 17 septembre 2007
C'est reparti, requinqué... mais... Deux matches parasités
C'est reparti, requinqué, mais... Deux matches parasités
par Mezetulle
On ne va pas bouder son plaisir après la brillante démonstration du XV de France hier soir contre la Namibie. Pour reprendre les termes d'Elissalde (au passage : bravo! mais n'oublions pas les travaux obscurs où Szarzewski m'a semblé exemplaire) que je citais après la défaite contre l'Argentine : ils semblent avoir retrouvé le GPS, ou le logiciel. C'est ici que mon enthousiasme se modère : oui, on a vu que le logiciel fonctionne, qu'il est parfaitement huilé, on a vu toutes les figures d'école, les passes au large, les "chistera", les feintes de Michalak, les essais "panache" - Chabal, Nallet, Clerc- et les essais "travail"... les transfos "métronome" sans faute (sauf la première, j'y reviendrai). On a vu aussi un drop... ! ce n'est pas si fréquent (oops, ce sont les Namibiens qui l'ont réussi, non ?).
Alors maintenant, après ce requinquage, on peut se permettre de faire sans état d'âme l'avocat du diable avec quelques expériences de pensée. Car Lucifer porte la lumière et les diables noirs, verts, jaunes attendent leur heure. Voyons ce qui aurait pu perturber cette superbe mécanique, cette éblouissante démonstration.
Il faut rendre hommage au courage et à la constance des Namibiens en abandonnant le style hypothétique : ils ont su la perturber, et pourtant à un moment tardif où, épuisés, jouant à quatorze, ils avaient probablement le moral dans les chaussettes. Ah cette passe interceptée qui leur a ouvert le chemin de l'essai ! ça ne vous rappelle rien ? Rémy Martin a été accablé de reproches après le 7 sept. pour la même chose... Imaginons maintenant un Pichot, un Hernandez devant cette mécanique, ou plutôt dans ses intervalles, glissant leur grain de
sable. Allez, pas besoin d'un Puma : un Trèfle bien vert pourrait peut-être suffire (ne parlons pas d'un Kiwi, d'une Antilope ou d'un Kangourou)?
Jusqu'à présent nous avons assisté, s'agissant de la France, à deux matches parasités. L'un par la pression excessive avec laquelle le XV de France s'est lui-même étouffé, et dont on a vu le spectre dans la première transfo manquée hier soir. L'autre par la situation idéale de laboratoire dans laquelle il a été plongé, du fait d'un adversaire certes courageux, mais néanmoins faible et numériquement diminué. Dans les deux cas, un jeu réglé par le même logiciel : déjoué par les Argentins, et efficace à 90% contre les Namibiens. Avec l'Irlande, on aura donc le premier match "pur", débarrassé de cette extériorité qui a fait de l'un une montagne psychologiquement inaccessible et de l'autre une promenade à peine assombrie par quelques gaspillages. Je maintiens donc mon analyse : le logiciel est nécessaire, mais il n'est pas suffisant.
Une autre question apparaît au sujet de la composition "toulousaine" de l'équipe d'hier soir, jouant à Toulouse. Malgré les dénégations, Bernard Laporte en est-il réduit à une
logique de club ? Ce serait déjà inquiétant. Mais, à supposer qu'il en soit ainsi, fallait-il renforcer celle-ci par une logique localiste de clocher (les "Parisiens" à Saint-Denis affrontant des Argentins en partie "parisiens", les "Toulousains" à Toulouse) qui me semble calamiteuse, aussi bien pour les joueurs que pour le public ?
A supposer qu'on raisonne en termes de club, n'eût-il pas alors été judicieux de déjouer les appartenances en croisant les lieux, en procédant à une délocalisation fédératrice ? Imaginons un Skrela, un Mignoni, un Martin hier soir à Toulouse, totalement libérés comme le fut Szwarzeski. Imaginons symétriquement le 7 septembre à Saint-Denis une équipe bleue autant que possible peu connue des Argentins... La logique de club serait déjà une faiblesse, mais elle pourrait conduire au démon du localisme communautaire, lequel aurait vite fait de détruire la logique nationale de l'excellence qui doit seule prévaloir dans la compétition.
Frappée par l'insomnie la nuit dernière (ça m'arrive à chaque fois que le XV de France gagne, et à chaque fois que je reviens de l'opéra) , je chasse les diables verts, noirs, jaunes et les démons de clocher... en relisant Jean Lacouture et Denis Lalanne dont je parlerai une autre fois.
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22:05 Publié dans Coupe du Monde , Equipe de France , Joueurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Namibie, joueurs, clubs
samedi, 08 septembre 2007
Le Baby-rugby.... comme des bleus
Le Baby-rugby.... comme des bleus
Le GPS ou la boussole?
par Mezetulle
J'ai écrit quelque part (je crois que c'est dans mon entretien avec Christophe Dominici dans Philosophie magazine n° 12) qu'un jeu de café comme le Baby-foot, c'est impensable au rugby, où tout est "fait main"...
Eh bien non, je me trompais. Le XV de France m' a infligé hier soir, lors du match perdu contre l'Argentine, un évident démenti. Je ne reviendrai pas sur le détail des analyses spécialisées entendues en soirée, mais elles vont toutes dans le même sens. Un jeu stéréotypé, joué non pas sur une pelouse réelle, mais sur une sorte de tapis vert... et les Argentins de se faufiler très judicieusement dans ces combinaisons ultra-prévisibles...
Le Baby-foot, comme chacun sait, est un jeu dont les tactiques sont toutes déterminées et déterminables a priori : ce
n'est rien d'autre, extrêmement simplifié, qu'un logiciel grandeur grossière, en bois et métal. Sa propriété principale se voit du premier coup d'oeil : les distances entre les joueurs sont fixes. Comme les passes d'école auxquelles nous avons assisté hier soir. C'était réglé comme du papier à musique, sauf que la musique était du flon-flon. Ils ne savaient jouer qu'un air connu, archi répété : il a suffi aux adversaires de glisser leur partition plus inventive dans les intervalles plan-plan. Quant aux déménageurs de pianos, ils nous ont donné un peu d'espoir lors d'une poussée qui "aurait pu" réussir, sauf à retomber dans le logiciel fixe qui les a piégés durant tout le match et qui a donné de l'air ... et surtout des balles aux Argentins.
Elissalde, interrogé ce matin par France-Inter, a fourni une analyse lucide : resserrer les passes, utiliser les boulevards qu'on ne voyait même pas... Et il a conclu son interview par une image qui en dit long sur les métaphores qui circulent à l'entraînement : on était perdus, et "j'espère qu'on va retrouver notre GPS".
Mais le problème c'est qu'ils n'avaient que trop les yeux rivés sur un GPS, sur un jeu vidéo probablement vu et répété mille et mille fois sur les écrans de Marcoussis. L'astuce, l'inventivité, le "kairos" (c'est-à-dire l'art d'exploiter les occasions... et de les voir !) étaient du côté des Argentins. Le bon sens tout simplement, qui n'a rien à voir avec une intelligence artificielle : le bon sens, faculté de juger laquelle se révèle indispensable lors de situations inédites... On en a eu quelques lueurs tout de même, mais le déboussolage reprenait le dessus bien vite. Joueurs déboussolés parce qu'ils n'avaient pas de boussole : seulement un GPS pr
ogrammé ... pour de la bleusaille.
GPS à jeter d'urgence pour revenir au bon sens : vite vite reprendre la boussole et le flair (ce que nous intellos appelons tout simplement le jugement) pour jouer et penser "à la main"...! C'est possible !!!
Ah, un mot quand même sur la chorégraphie d'ouverture, d'une rare nullité, elle aussi frappée par un automatisme bien-pensant (et que je t'en remets une couche sur l'amitié, les "valeurs" etc. Le prêchi-prêcha devient insupportable lorsqu'il est "véhiculé" par un "message artistique" !!!). Et surtout une énormité : nous avons vu, casqués de dur et rembourrés aux épaules, de tristes pantins ressemblant un peu trop à des joueurs de football américain. Kader Belarbi n'a donc jamais vu un joueur de rugby ?
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09:40 Publié dans Coupe du Monde , Equipe de France , Joueurs | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : jeu, France, Argentine
samedi, 11 août 2007
Les 30+1 du XV sur la toile
Les 30+1 du XV googlelisés
par Mezetulle
Histoire de passer le temps avant le test-match de cette fin d'après-midi à Twickenham, et de faire un break dans la série un peu austère de mes demêlés avec le livre de Bénézech, je me balade sur la toile... et je tape sur Google le nom de chacun des 30 joueurs figurant sur la page "Les 30 pour la Coupe du monde" de la FFR, avec l'idée de faire une petite revue.
Je me suis contentée des 3 premières pages, sauf pour Rémy Martin (à cause du cognac....). J'ai écarté les fiches qu'on trouve sur les sites sportifs généralistes ou consacrés au rugby (l'Equipe, Rugbyrama, Yahoo sports, Myfreesports, site de la FFR), ainsi que les sites des différents clubs. Comme tous les joueurs ont aussi un article sur Wikipédia, je n'ai pas non plus retenu ces liens.
J'ai finalement retenu : les sites officiels, les sites non-officiels, le sites et blogs de fans dont la substance m'a paru suffisante, et quelques interviews - parfois avec vidéo - sur le site Linternaute.com.
Voici les résultats (sous toute réserve, je peux en avoir oublié un certain nombre... donc c'est à rectifier et à compléter).
Les résultats sont surprenants par leur extrême pauvreté en sites officiels. Trois joueurs seulement en ont un ... !
En tête, sans concurrence, le très beau site d'Aurélien Rougerie. Rien que pour la photo ténébreuse (ah, ce regard en-dessous...!) genre page d'accueil d'un forum "gothique", il vaut le détour :
Je mettrais bien en second celui de Serge Betsen mais il semble abandonné depuis 2004... (le site de son Spa est en revanche à jour, mais on n'y apprendra rien sur le rugby...!). Serge, je comprends que tu aies d'autres tigres à fouetter en ce moment, mais tu as beaucoup de goût et c'est dommage d'abandonner ça, il y a une très belle animation en prologue :
Fabien Pelous a un site pas très joli, mais au moins il est à jour... PS de 22h20 après la victoire de la France à Twickenham :
Il y a bien un site officiel Raphaël Ibanez... mais c'est un homonyme compositeur !
Voici maintenant les sites non officiels et les sites ou blogs de fans qui m'ont paru valoir un coup de clic :
Vincent Clerc
Clément Poitrenaud
Cédric Heymans
Yannick Jauzion
Frédéric Michalak et encore un autre
Jean-Baptiste Elissalde
Imanol Harinordoquy
Sébastien Chabal (forum de fans) PS 22h20 après la victoire du XV de France à Twickenham : ce serait le moment d'y faire un tour, il doit exploser
!!!
A ces sites de fans amateurs, je joins un blog consacré aux équipes engagées dans la Coupe du monde. Il est sans prétention, soigné et fait avec goût.
Trois interviews récentes et consistantes sur linternaute.com
Christophe Dominici (avec 2 vidéos) ... mais Christophe n'a pas dit son dernier mot : on va bientôt pouvoir lire un super entretien avec Catherine Kintzler (autrement dit Mezetulle) dans Philosophie magazine... avec un article en parallèle sur La Choule !
Damien Traille
Sylvain Marconnet (avec vidéo).
Ah j'allais oublier la cerise sur le gâteau, le clou du 31e : le site de Bernard Laporte. Il mérite assurément une mention spéciale. C'est un incroyable fouillis bigarré. J'ai failli le mettre dans mon article consacré à la rayure... Ne cherchez pas à revenir à l'accueil en cliquant sur la bannière : tout ce que vous réussirez à faire, c'est de vous retrouver en train de commander un maillot dédicacé par B.L. !!
Mais j'ai choisi de vous montrer une page très sobre : parmi celles des nombreux partenaires publicitaires de monsieur le ministre, celle "bientôt disponible" d'un certain jambon .... même pas une photo de Véronique Genest en attendant, ce n'est vraiment pas sympa pour la tribu Madrange ..!
Franchement, dans le genre décalé flashy, je lui préfère de loin le site de Didier Super (que je conseille vivement à tous ceux qui croient que l'esprit ne souffle pas au nord du 48e parallèle) : là en plus on rigole ! Le problème c'est que Didier Super ne parle pas de rugby...
Bon, vous allez me dire que Mezetulle n'est pas vraiment mieux et que dans le genre ringard ça vaut une mention, mais là, on parle parfois de rugby, il n'y a pas de pub... et on ne rigole pas !
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16:50 Publié dans Coupe du Monde , Equipe de France , Joueurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : joueurs, XV de France, Laporte, web







