dimanche, 16 mars 2008
La petite classe de Paris à l'école de Clermont
La petite classe de Paris apprend à conjuguer le verbe mergo à l'école de Clermont
par Mezetulle
Larguée en première période sur un score qui a risqué d'être bananier (38-0 à la pause), la toute jeune équipe du Stade français, une fois renforcée par quelques aînés du banc, a pu jouer une seconde mi-temps honorable (12-12) pour un large score final en faveur de Clermont (50-12).
Aussi ne sortirai-je pas mon smiley mouchoir rose, pourtant déjà bien humide et que j'ai toujours à portée de code html cette saison. Je n'éprouve même pas le ressentiment injuste qui m'a prise lors du lamentable match contre Perpignan. Pas de passions tristes. D'abord parce que la démonstration de Clermont en première période était véritablement fondée sur sa force et sa supériorité, exaltées par l'inexpérience - mais pas par la bêtise ni même par la faiblesse intrinsèque - de l'équipe adverse. Juste une question de niveau. Ensuite parce que la seconde période, en redonnant aux roses quelques épines endurcies par les saisons passées, fut plus qu'intéressante.
Galthié aguerrit cette jeune classe et lui apprend à conjuguer le verbe mergo (1) en commençant par le passif - ça donne mergitur et ça vous tanne le cuir et le moral, même dans l'eau douce de la Seine ou des lacs d'Auvergne. Rude école en effet, puisqu'il l'esseule sur un prestigieux stade chauffé à jaune et devant une équipe d'acier pendant toute la première période, histoire de voir si elle a du souffle en totale apnée. Et déjà de ce plongeon redoutable sortent sans suffoquer Camara, Dibel auteur d'un essai, Paillaugue et Montanella. Je sens que je vais apprendre bien vite les autres noms.
Quant au public clermontois, croyant un moment avoir affaire à l'équipe insubmersible qui avait "sorti" les jaunards l'an dernier, il a néanmoins vite remisé ses sifflets et autres et ils sont où les Parisiens? pour revenir dignement à sa tradition savante et chaleureuse. Un petit garçon à l'écharpe jaune suivait avec application, le regard plein d'admiration, les allers-retours de "déconditionnement" des fleurdelisés après le match, en toute simplicité : toute une ambiance.
J'ai même aperçu très nettement Greg collectionnant autographes et posant pour les photos qu'il va sûrement mettre sur son blog ! (2)
(1) mergo, ĕre, mersi, mersum : - plonger (dans l'eau), submerger, engloutir. au fig. plonger, enfoncer, précipiter dans, engloutir, absorber dans. Voir le dictionnaire latin-français en ligne.
Rappelons que la devise de Paris est Fluctuat nec mergitur.
(2) Bien entendu c'est ce qu'il a fait : allez voir cet article et aussi l'album.
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18:45 Publié dans Top 14 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Stade français, Clermont
dimanche, 09 décembre 2007
Wet wet wet
Wet wet wet...
par Mezetulle
Plus qu'humide, diluvien : le temps des savonnettes, des glissades et des tirs rabattus par le vent est arrivé et assaisonne
copieusement les pelouses de la Coupe d'Europe de sa sauce lourde et froide... Bourgoin a bu cette tasse vendredi soir jusqu'à la lie, le nez dans la boue, pataugeant contre un Gloucester amphibie qui marchait sur l'eau, et qui faisait plus que flotter... Toulouse, plus glorieux même dans la défaite finale contre Leicester, a payé bien cher le déluge qui tirait un rideau de pluie sur l'envie du beau jeu.
Et le Stade français cet après-midi à Jean Bouin face à Cardiff a bien failli passer à la lessiveuse, bien dégoulinante, bien savonneuse. Et
dire que je me suis permis, le derrière vissé sur mon canapé bien sec, de pester vulgairement contre Skrela qui ratait une pénalité contre le vent... ! Il faut que je fasse amende honorable : c'est lui qui, par un plaquage à la fois rouleau compresseur et tire-bouchon, a ensuite sauvé le match qui était à la merci, depuis de longues minutes, d'une équipe galloise campant à quelques centimètres de la ligne d'en-but rose... Oui on peut gagner (ou plutôt ne pas perdre) un match grâce à un plaquage. Allez, ça vaut bien une pluie de coeurs roses...
Ouf, mais quand même, les Britanniques nous surnomment les Frogs. Des grenouilles, ça devrait pouvoir attraper et aplatir un ballon mouillé et surfer sur une pelouse saturée d'eau, non ? Bien sûr, même que les grenouilles ce week-end sont jaunes (Clermont-Wasps 37-27), sauf qu'à Clermont, il ne pleuvait pas tant que ça... Pour récolter quelques palmes, il va falloir mettre les palmes.
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22:52 Publié dans Coupe d’Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pluie, Toulouse, Leicester, Gloucester, Clermont, Stade français, Wasps
dimanche, 02 décembre 2007
Bourgoin essouffle le temps
Bourgoin essouffle le temps au bout du bout
"Un cri d'alarme" : à l'issue de la 3e journée du Top 14 l'article d'André Boniface dans le Midi Olympique de ce vendredi (30 novembre) appelle de ses voeux un rugby offensif. Il constate le peu d'essais marqués "seize essais en sept matches, dont sept à Paris - il n'en reste que 9 pour 6 rencontres". Le score tourne trop autour des points de pénalité, sanctionnant un jeu fautif mais surtout un jeu attentiste, calculateur, verrouillé et bétonné, et au fond pas très beau. Et de citer en contre exemple le superbe match Stade-français Bayonne du 23 novembre où "l'esthétique était complémentaire de l'efficacité".
Ce que j'ai vu de la 4e journée lui donne à la fois raison et tort : on a vu les deux.
On a vu le rugby planplan de décompte et de realpolitik, le Stade français ayant évité de perdre vendredi 30 contre Dax en pratiquant, il est vrai sous une pluie savonneuse et avec une équipe de mise à l'épreuve (Fabien tu prends des risques, mais c'était bien calculé...), un rugby de pénalités marquées, de défense in extremis, une realpolitik qui s'accommode avec une mêlée défaillante et une touche approximative, les yeux rivés sur le tableau de score.
Mais quel beau moment en revanche, "esthétique et efficace", que cette haletante rencontre entre Clermont et Bourgoin hier soir ! On a cru jusqu'au bout que le match pouvait basculer dans l'un ou l'autre sens. Jusqu'à l'essoufflement qui met les joueurs à genoux en transperçant leur diaphragme, en suivant la buée dégagée par leurs regroupements ahanants, en balayant du regard les attaques transverses qui se renversaient d'un côté à l'autre du terrain, sans cesse, sans répit, sans peur et... sans reproche (très peu de pénalités). On sort de là le souffle coupé - je parle de moi, "couch potatoe" devant la télé. On était à la fois dans le réel de ce qui se passait là devant nos yeux et dans une page littéraire d'un roman de Tillinac décrivant les déplacements de la mêlée comme ceux d'un animal brûlant et multiforme.![]()
Jusqu'au bout ? Mais qu'est-ce que le bout d'un match comme celui-ci ? C'est le bout du bout, au-delà de la 80e minute, traversant la sirène. C'est le moment où le temps du jeu s'impose comme le seul temps réel, celui qui ressemble à une temporalité de théâtre conduite non par l'horloge et sa vide scansion, mais par l'action... qui prend les choses en main et qui finit non pas parce que "c'est fini", mais de l'intérieur, faute d'aliment, faute de combattants : par exhalaison pure. Une fin digne de ce nom, allusion magnifique à la vraie fin, celle dont on meurt "de sa belle mort".
Mû au dernier moment par la possibilité de marquer encore un essai qui (s'il était transformé - mais ça, il vaut mieux ne pas y penser maintenant) pourrait lui donner la victoire en renversant le match une troisième fois, Bourgoin se lance dans cette dramaturgie éperdue qui n'en finit pas d'attaquer, de passer, de piquer et d'aller, d'aller, d'aller encore. Et on voit sur l'écran tv défiler les minutes : 79, 80, 81...
L'arbitre et les spectateurs attendent la rupture d'action, comme on attend à l'opéra que le souffle du chanteur mette de l'intérieur le point final à la dernière note par exhalaison, et voilà que le temps est distendu : il n'en finit pas de chanter, de pousser sa note, et Clermont défend, défend, patiemment mais quand même un peu étonné, comme l'orchestre continue à accompagner ce souffle de diable qui s'alimente on ne sait où. Ca finira bien par finir, oui, et l'orchestre peut poser ses instruments, ouf, sa lecture de la partition était la bonne (il n'y a pas de reprise), Clermont a gagné. Mais quand même : plus de deux minutes de point d'orgue, c'était presque un da capo, une forme de résurrection.
P.S. Pour une analyse de la "realpolitik", voir Rugbymane, article Rugby défaite.
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11:35 Publié dans Concepts, art, littérature , Mes coups de cœur , Top 14 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Bourgoin, Clermont, temps, temporalité
dimanche, 11 novembre 2007
H Cup : un diable de début
Coupe d'Europe : un diable de début !
par Mezetulle
Après un début de Top 14 qui renoue avec un rugby de mouvement, le rugby alerte, dégagé, risqué et plein de bulles se libère davantage encore dans ce début de H Cup sur les chapeaux de roue.
Je viens de voir deux matches.
Hier Stade français - Harlequins, d'un grand classicisme, avec un Skrela décidément bien inspiré et des essais d'anthologie - mais oui Christophe, tu as les cannes ! Les cacadoie ont réussi à conjurer le syndrome infirmerie+congés. De nouveau en phase avec la devise parisienne, puisant des ressources dans une réserve absente... et faisant plus que ne pas sombrer, réduisant les Harlequins en pièces. Le plus drôle c'est la petite moue distanciée de Fabien Galthié au moment de la victoire (37-17) : allez Fabien, retiens-toi de sourire, des fois qu'on voie que tu es content !!!
Mais aujourd'hui, on est passé du beau au sublime avec la rencontre Clermont - Llanelli, remportée haut la main par les jaunes (48-21). Un match totalement fou, endiablé, époustouflant, avec des passes, des renversements et des relances à n'en plus
finir, on en chavirait sur son fauteuil devant la télé ! Avec un truc que je n'ai encore jamais vu : on a même carrément joué dans l'en-but en fin de première mi-temps ! Ils sont fous ces Gallois. Et les jaunes qui en entame de 2e mi-temps s'essayent raisonnablement à "gérer" un score somme toute
confortable : ils prennent deux essais en quelques minutes. Il a fallu remonter bien vite la mécanique et passer à la seule défense efficace: l'attaque incessante ! La cerise sur le gâteau c'est que cette folie n'avait rien à voir avec de l'agitation: très peu de pénalités ont été sifflées.
Voilà ce qu'on aurait aimé voir chez les Bleus face à l'Argentine et à l'Angleterre : la capacité à adapter sa stratégie dont a fait preuve Clermont cet après-midi (mais encore faut-il avoir plusieurs stratégies pour faire cela!) et la versatilité positive de Paris, cette aptitude cartésienne à trouver encore quelque chose à gratter au fond d'un tiroir qu'on pouvait croire vide !
PS. Pour voir des photos du match Clermont-LLanelli, allez sur le blog de Greg.
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19:20 Publié dans Coupe d’Europe , Mes coups de cœur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Clermont, ASM, Paris, Stade français, LLanelli, Harlequins
dimanche, 10 juin 2007
Fluctuat nec mergitur
Fluctuat nec mergitur. Paris champion de France
par Mezetulle
Le Stade français s'est fait très peur lors de la finale du Top 14 remportée hier soir sur Clermont (23-18) en vérifiant la devise de Paris "Fluctuat nec mergitur"... il flotte et n'est jamais submergé.
Je traduirais plus librement pour la circonstance : il boit la tasse en première mi-temps, puis sort la tête de l'eau en toussant, reprend son souffle, se souvient qu'il sait encore nager, retrouve son latin et arrache la victoire par deux essais (Pichot et Samo) transformés (Hernandez).
Car du flottement, il y en a eu en première mi-temps, pour tout dire calamiteuse côté parisien... Touches mal inspirées, mêlées en reculant, pénalités et drop manqués, et surtout l'absence de ce je-ne-sais-quoi qui fait qu'on y croit. Drapeaux roses en berne, figés dans un Stade de France principalement animé par les dynamiques supporters jaunes de Clermont, survoltés à juste titre car l'équipe de l'ASM Clermont est dominatrice, offensive, bien sur ses jambes et offre un très beau jeu qui se concrétise par un score on ne peut plus net et mérité à la mi-temps : 9-0 en faveur de Clermont, score aggravé de 3 points encore dans les premières minutes après la reprise.
Mais la seconde mi-temps a été ensuite le théâtre d'un retournement, avec un beau travail tactique du Stade, une excellente gestion des changements de joueurs (on appelle ça le coaching, non ?), une métamorphose physique et mentale qui s'installe et qui se matérialise dans un bouquet final.
Autant que dans l'expérience technique, c'est dans sa force morale, une morale toute simple qui ne cède ni à l'abattement ni à l'euphorie (mais j'y reviendrai, vous n'échapperez pas à un peu de philo...) que le SF est allé puiser sa victoire en surmontant un déficit de fraîcheur physique maintes fois souligné par la presse. Cette égalité d'humeur trouve son répondant efficace dans la régularité d'une saison exceptionnelle. Le treizième Brennus du SF ne s'est pas décroché, tel une fiente de pigeon, d'un ciel capricieux pour tomber sur la tête de Paris - c'est un trophée largement mérité qui lève et fleurit d'un sillon patiemment creusé sur les pavés!(1)
On en a vu de toutes les couleurs avec Christophe
(photo ci-contre repiquée sur le blog de Greg lundi matin), le papa de Greg avec qui j'ai assisté au match depuis la tribune Est - très bien placés dans la longueur du terrain juste avant le virage Nord Est. Et quel fin commentateur ! J'ai savouré,
grâce à lui, une analyse de match sur le vif. J'ai passé une excellente soirée et pas seulement parce que mes chouchous ont gagné. La satisfaction d'y comprendre quelque chose, d'avoir aussi un regard plus distancié, lucide, est bien plus agréable que la joie bête incapable de s'extraire de la glu de l'identification immédiate "on a gagné"... Merci Christophe pour ce regard serein, et aussi pour l'écharpe bicolore de la Finale Paris-Clermont !
Dans le RER à mon retour, une dame (pas tout à fait mon âge mais pas vraiment une minette) en bleu et jaune s'étonnait que les Parisiens une fois dans le métro n'exultent pas bruyamment et se contentent d'agiter les drapeaux roses avec un air béat et presque étonné : "vous ne faites pas la fête dans le métro ?" C'est que tout simplement ils ont eu peur et qu'ils n'en sont pas encore revenus ! C'est que peut-être comme moi ils goûtent le plaisir d'une victoire considérée avec un peu de recul. Et pourquoi écraser les autres quand on a senti pendant 70 minutes le vent du boulet?
C'est aussi, il faut le dire, qu'ils ont rendez-vous dimanche matin sur les Champs-Elysées pour fêter ça. Il va y avoir du rose pour enrubanner le bouclier de Brennus. La photo à droite a été prise lors de son passage à la fin du match, il faut vraiment le savoir : ça vous donne une idée de la nullité du reportage photo que je vais essayer de placer demain en album (2). J'espère que Christophe et Greg feront mieux sur le blog du Mini-jaune, ce ne sera pas difficile...![]()
Greg ne pleure pas, j'ai confié à ton papa le tee-shirt rose que, suivant les conseils d'Ovalove, j'avais jeté sur mes épaules par-dessus le polo marine fleurdelisé. Il te le donnera de ma part et surtout dis-toi bien que c'est celui de La Choule avant d'être celui du Stade français. Plus une minisurprise jaune. Nous y étions !
Il est 2h, je vais me coucher, encore une rude matinée demain à arpenter les Champs-Elysées. C'est dur la vie de supporter, finalement.

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1 - Là, en me relisant, je trouve mon style un peu enflé... Je ne suis pas encore au niveau du Midol, mais le genre sublime n'est pas loin. Je suis sûre que Lio appréciera le rapprochement entre la charrue et le marteau-piqueur.
2 - Dimanche soir : l'album de la Fête du Brennus est en ligne. Voir aussi le match en photos sur le site de L'Equipe.
02:15 Publié dans Top 14 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Top 14, Paris, Clermont, Brennus, supporters
dimanche, 03 juin 2007
David jaune citron et Goliath rose bonbon sous pression
David jaune citron et Goliath rose bonbon sous pression
Clermont-Stade français finale du Top 14
par Mezetulle
J'avais eu le nez creux hier : oui Clermont a gagné sa demi-finale contre Toulouse, et c'est Greg qui est content! Un grand coup de chapeau à Aurélien Rougerie pour ce magnifique contre,
symétrique de celui de Brian Liebenberg la veille : ça nous promet une finale passionnante.
Bien sûr, autour de cette finale Stade français-Clermont on va lire et entendre toutes sortes de poncifs et de bons mots dans la presse spécialisée ou non, et je propose un petit florilège, un bêtisier anticipé...
La première perle n'est pas fictive, je l'ai déjà entendue à la télé : "L'Auvergne débarque à Paris". Comme si elle n'y était pas déjà, et depuis fort longtemps. Comme si la "province" naïve existait et qu'elle continuait d'écarquiller les yeux devant une capitale qu'elle a contribué à constituer, comme si les gares de l'intérieur, celles de l'exode rural (principalement Austerlitz et Montparnasse) continuaient à déverser des flots de bécassines... Comme si Paris n'était pas la première ville auvergnate et bougnate (1) de France. ![]()
Comme si Pascal n'avait pas effectué sa célèbre expérience de "l'équilibre des liqueurs" conjointement sur le Puy-de-Dôme et sur la Tour Saint Jacques... d'où, bien entendu la "pression" que Clermont mettra et/ou subira (celle-là, je vous l'accorde, était vraiment facile).![]()
Je garde pour la bonne bouche le gros de la troupe en chapelet, en grappe, en sautoir.
Avant le match. Le moyen d'éviter le combat entre le David clermontois, valeureux, authentique, probe, candide, un rien naïf, soutenu par les vrais connaisseurs du rugby profond et le Goliath parisien, matériau composite retors gonflé à coups de chèques, environné de supporters (et surtout de supportrices) incultes, de frimeurs attirés par les paillettes du showbiz ? L'épopée d'un rugby de vraie tradition perpétuée grâce au courage et à la fidélité en face de la pièce de boulevard mettant en scène un rugby de nouveau riche maintenu sous perfusion dans une bulle nordiste où il n'a pas vraiment sa place ? Je ne résiste pas à en ajouter une de mon cru : l'Ovalie semble s'étendre vers le Nord en ce moment, encore un coup du réchauffement climatique ?
Après le match, alors là je vous fais les deux gros titres - je m'en tiens aux thèmes fondamentaux sur lesquels il peut y avoir des variations. Première hypothèse, Clermont gagne : "Le miracle a eu lieu !" (comme si les joueurs n'y étaient pour rien) ; variante : "Clermont gagne son Paris" (j'espère quand même que ce n'est pas une allusion à Pascal). Seconde hypothèse, Paris gagne : "Le miracle n'a pas eu lieu..." (comme si les dieux des vestiaires avaient acquis une créance en béton - pardon, en bitume de trottoir - sur le bouclier de Brennus..).
On peut imaginer des variantes culinaires et météo-géographiques : on nous expliquera que le soufflé au Saint Nectaire est gonflé ou retombé, que la grisaille parisienne (sauf les jours où il pleut, il fait gris à Paris) a éteint les volcans ou que le feu des volcans a éclairé la grisaille, etc.
Mais la lecture des bons mots perlés et leur échange à la bourse de la tchatche fait aussi partie du plaisir. Gageons que ce ne sera qu'un plaisir annexe, préliminaire et auxiliaire, hors d'oeuvre (j'ai déjà commencé) et dessert d'un plat de résistance que nous dégusterons en regardant ces deux équipes jouer un beau rugby au sommet.
La Choule contiue bien sûr à s'habiller en rose bonbon et se félicite d'avoir choisi un design jaune, qui n'est pas seulement citron. Avec une touche de bleu ça ira ?
1 - A ne pas manquer pour préparer les chansons du match : une supervidéo en jaune sur le blog Mon Auvergne (qui est une partie du site Cyberbougnat - ça ne s'invente pas).
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17:40 Publié dans Top 14 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Top 14, Clermont, Paris


