dimanche, 23 mars 2008
Gros comme un éléphant et subtil comme un passé antérieur
Gros comme un éléphant et subtil comme un passé antérieur
par Mezetulle
La Choule est assez bon public et revient du Stade de France avec un sentiment différent de ce qui s'écrit çà et là chez les "connaisseurs", et notamment sur les forums très select et magnifiquement grincheux par principe de Rugbyrama.
Un "non-match à oublier" une "mascarade", cette rencontre entre le Stade français et le Stade toulousain du 22 mars qui se solde par une défaite remarquable du Stade toulousain 29 à zéro ??? Nullement. Malgré une balle glissante, malgré
une pelouse détrempée et une giboulée glacée qui a accueilli le coup d'envoi, on a vu de belles choses : du mouvement, du jeu, de la variété, des Parisiens remontés, acharnés à conquérir, au-delà de la victoire, le bonus offensif. Une équipe toulousaine nullement diminuée, nullement composée de seconds couteaux comme cela a été répété à l'envi et si dédaigneusement ces jours derniers, et parfaitement au point techniquement, notamment en mêlée et en touche.
Manque d'envie de la part des rouge et noir tout simplement : cela crevait même les yeux d'un gogo de Parisien qui n'y connaît rien et qui, c'est connu, se fait attraper par les cotillons guazziniens.... cela se voyait aussi gros que l'éléphant rose qui a défilé, avec les
masques vénitiens sur échasses, avant le match (voir l'album). Je m'en tiens à cette explication "naïve" : après tout c'est celle que Guy Novès avance et c'est la plus vraisemblable.
Faisant un petit tour sur le magnifique site du Stade toulousain, j'y trouve le plus beau récit du match, qui surpasse de loin tout ce qui se fait ailleurs. Il faut absolument aller lire ça, un exemple parfait de narration. Les Diafoirus de la pédagogie moderne peuvent en prendre leçon, eux qui, pour cesser d'enseigner la langue belle et forte, demandent régulièrement dans leurs rapports "à quoi peut bien servir le passé antérieur" et autres subtilités dont un "gamin d'aujourd'hui" n'a nul besoin, qu'il n'entendra jamais : il serait donc urgent de cesser de les lui apprendre.
A quoi peut bien servir le passé antérieur? Mais à lire un compte rendu de match sur le site du Stade toulousain, lequel retrace comment "après que Jeanjean eut été rattrapé " (et à la voix passive s'il vous plaît !!), le ballon "sortait" et fut recueilli par Blin qui marqua un essai ! A comprendre comment, de façon assez surprenante, on peut enchaîner ici un passé antérieur (événement ponctuel) avec un imparfait (action plus longue) - ce qui est aussi une intellection du rugby, seul sport où le ballon peut mettre un certain temps à "sortir" !!! A lire, en outre, quelques romanciers, poètes, fabulistes et autres rêveurs qui croient qu'une langue ne se réduit pas à un idiome parlé par des idiots bornés aux utilités immédiates. A savoir déployer les temporalités et les causalités, à ne pas s'effaroucher devant la conjugaison anglaise pas plus ni moins subtile que celle-ci. A dire, à lire et à penser ...
Mais à quoi bon répondre, puisque la question, ramenée à sa formulation essentielle et abjecte, contient la réponse : à quoi bon embarrasser le bon peuple de telles subtilités?
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dimanche, 16 mars 2008
La petite classe de Paris à l'école de Clermont
La petite classe de Paris apprend à conjuguer le verbe mergo à l'école de Clermont
par Mezetulle
Larguée en première période sur un score qui a risqué d'être bananier (38-0 à la pause), la toute jeune équipe du Stade français, une fois renforcée par quelques aînés du banc, a pu jouer une seconde mi-temps honorable (12-12) pour un large score final en faveur de Clermont (50-12).
Aussi ne sortirai-je pas mon smiley mouchoir rose, pourtant déjà bien humide et que j'ai toujours à portée de code html cette saison. Je n'éprouve même pas le ressentiment injuste qui m'a prise lors du lamentable match contre Perpignan. Pas de passions tristes. D'abord parce que la démonstration de Clermont en première période était véritablement fondée sur sa force et sa supériorité, exaltées par l'inexpérience - mais pas par la bêtise ni même par la faiblesse intrinsèque - de l'équipe adverse. Juste une question de niveau. Ensuite parce que la seconde période, en redonnant aux roses quelques épines endurcies par les saisons passées, fut plus qu'intéressante.
Galthié aguerrit cette jeune classe et lui apprend à conjuguer le verbe mergo (1) en commençant par le passif - ça donne mergitur et ça vous tanne le cuir et le moral, même dans l'eau douce de la Seine ou des lacs d'Auvergne. Rude école en effet, puisqu'il l'esseule sur un prestigieux stade chauffé à jaune et devant une équipe d'acier pendant toute la première période, histoire de voir si elle a du souffle en totale apnée. Et déjà de ce plongeon redoutable sortent sans suffoquer Camara, Dibel auteur d'un essai, Paillaugue et Montanella. Je sens que je vais apprendre bien vite les autres noms.
Quant au public clermontois, croyant un moment avoir affaire à l'équipe insubmersible qui avait "sorti" les jaunards l'an dernier, il a néanmoins vite remisé ses sifflets et autres et ils sont où les Parisiens? pour revenir dignement à sa tradition savante et chaleureuse. Un petit garçon à l'écharpe jaune suivait avec application, le regard plein d'admiration, les allers-retours de "déconditionnement" des fleurdelisés après le match, en toute simplicité : toute une ambiance.
J'ai même aperçu très nettement Greg collectionnant autographes et posant pour les photos qu'il va sûrement mettre sur son blog ! (2)
(1) mergo, ĕre, mersi, mersum : - plonger (dans l'eau), submerger, engloutir. au fig. plonger, enfoncer, précipiter dans, engloutir, absorber dans. Voir le dictionnaire latin-français en ligne.
Rappelons que la devise de Paris est Fluctuat nec mergitur.
(2) Bien entendu c'est ce qu'il a fait : allez voir cet article et aussi l'album.
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dimanche, 09 mars 2008
Oser la crise
Oser la crise ? (Stade français-USAP 12-23)
par Mezetulle
Après la défaite contre Biarritz la semaine dernière et le lamentable match
perdu contre Perpignan hier à Jean Bouin, le Stade français livre sur son site une (j'allais écrire "analyse" mais le mot est bien trop empreint de lucidité) justification affligeante qui en dit long :
Le président de l’Usap avait annoncé une crise en début de semaine après le nul à Dax. Ses joueurs se sont donc retrouvés en stage commando. Le Stade Français sortait lui d’une défaite à Biarritz. Privé de très nombreux cadres Paris ne recevait pas Perpignan dans les meilleures conditions. Pour ressouder un groupe rien de telle [sic] qu’une bagarre. Les Catalans se sont beaucoup servis de cette astuce pour partir du bon pied dans la partie.
Ce qui est vrai pour l'USAP - regarder une crise en face, oser la nommer, la vivre et la traiter, en revenir plus fort et plus soudé - ne le serait donc pas pour Paris ? On se met la tête dans le sable et on brandit des motifs extérieurs : "On a une infirmerie trop pleine, on a des joueurs mobilisés par les VI Nations". Mais cela est vrai aussi pour Clermont, pour Toulouse... A cela s'ajoutent - encore pire - les arguments pleurnicheurs de cour de récréation "L'Usap est arrivé avec l'intention d'en découdre, sniff !"... mais j'espère bien ! Et vous ?
Ces pauvretés n'expliquent pas une démobilisation qui se voyait comme le nez au milieu de la figure. Je ne parle pas seulement du calamiteux lancer en touche à 5 m de l'en-but rose qui, atterrissant directement dans les mains d'un adversaire, a offert un essai à l'USAP. Je ne parle pas seulement de la passe "téléphonée" et interceptée... qui a conduit à un second essai. Je parle d'une ambiance générale dépressive, qui transpirait à travers les beaux restes de perfection technique - laquelle n'en était que plus pathétique. Le coeur et la nécessaire dose de hargne n'y étaient pas.
Que faut-il souhaiter maintenant au Stade français ? Une belle crise, une vraie, de celles qu'on peut formuler et vivre en explosant, en s'eng..., en travaillant sur soi-même. Ils se
sont bien offert les années passées, en plus de l'abondance de biens, ce qui ne s'achète pas : un moral d'acier... Pourront-ils s'offrir, malgré leur gros budget, une vraie déréliction - une traversée du désert sans déserteurs ?
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12:40 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Stade français, USAP, crise
samedi, 23 février 2008
Grognon rose sur gris lumineux
Grognon rose sur gris lumineux
par Mezetulle
Ce sont les couleurs que je propose à Max Guazzini pour le prochain maillot du Stade français, après avoir vu le match contre Castres vendredi soir 22 février, soldé par une écrasante et étonnante victoire du Stade 47 à 16.
Rose grognon comme le jeu brouillon et angoissant de mes chouchous en première période. Rose grognon comme un jour de métro bondé où les gens râlent leur indécrottable bonne humeur, se "traitent" avec une rhétorique impeccable, se tassent pour finir par trouver leur place. Grognon râleur "je fais tout de travers, mais finalement on s'en sortira, et d'ailleurs tout le monde me déteste et j'adore ça" dans la grande tradition parisienne brillamment illustrée hier par les mâchoires crispées et le regard méchant de Fabrice Landreau sous son bonnet rose, pas content, pas content.
Qu'est-ce que vous voulez, on est en avance au score à la mi-temps, mais franchement c'est nul, cafouilleux, plein de fautes. Ils vont prendre une sacrée remontée de bretelles dans les vestiaires, vous allez voir ça... Même Antoine Burban, sanctionné pour avoir été plaqué en l'air...? Eh bien, c'est bien fait : c'est pour toutes les fautes que l'arbitre n'a pas vues. Landreau c'est le genre de père de
famille comme je les aime : "Tu t'es pris une gifle par l'instit, et en plus tu dis que tu ne l'as pas méritée? Je vais t'en coller une autre, moi !" Et Galthié dans sa cage en verrre qui ne décolère pas, rivé à son téléphone : comment, 25 à 9 à la mi-temps ? Mais vous vous êtes vus ? C'est comme ça que vous voulez recevoir Perpignan et Toulouse ? C'est comme ça que vous voulez aller à Clermont et à Biarritz ? Vous avez eu du bol que leur défense à Castres ne soit pas au point, c'est tout. Allez, caltez !
Rose grognon comme ces commentaires de Canal + en forme de désolation chaque fois qu'une action parisienne était en cours, une vraie oraison funèbre au secours de l'Ovalie castraise qui m'a fait rire pendant tout le match. Ils sont même allés jusqu'à dire "Oui les Parisiens vont se faire eng... dans les vestaires, mais en revanche ce qu'il faut aux Castrais, ce sont des paroles de réconfort, de consolation". En entendant ces propos insultants révélant une grande finesse psychologique, là oui vraiment j'ai eu une pensée désolée pour les Castrais qui ne méritaient nullement une compassion aussi humiliante ! Cela, c'était vraiment à pleurer ... C'est comme si, avant le bac, j'avais dit à mes élèves : "mes pauvres petits, vous allez vous casser la gueule, mais je vous aime bien, ce n'est pas grave, maman vous console d'avance"... Je leur disais au contraire: "Ce ne serait pas tellement étonnant que vous ratiez votre bac. Alors, étonnez-moi". Et ils le faisaient.
Je conseille aux commentateurs de Canal+ de lire le traité d'éducation de Locke ; il y est dit que les enfants, tout comme les hommes, ont trois passions dominantes: la liberté, l'empire et la gloire. Et qu'aucune des trois ne peut s'étouffer, mais que toutes peuvent et doivent se cultiver, s'élever, se civiliser.
Gris lumineux comme la tronche de Fabien Galthié qui comme d'hab se retient de sourire après la victoire, qui commence déjà à seriner que la semaine prochaine si on continue comme ça, eh bien ça n'ira pas du tout. Gris lumineux comme le visage à la fois terrorisé et rayonnant du tout nouveau "bébé colosse" Quentin Valençon, tuilé par Christophe Dominici qui sort et lui passe le relais après avoir marqué
un essai (oui Christophe, tu as toujours la "gnac"), bourré de secousses amicales par le capitaine Blin. Comme le visage étonné de deux minettes agitant leur drapeau rose, n'en croyant pas leur yeux, mais si je t'assure, ils ont gagné, après nous avoir fait croire que rien ne va....
Gris lumineux comme le ciel de Paris où on n'ose jamais dire qu'il fait beau - ça ferait tellement de jaloux, et puis de toute façon il vaut mieux dire qu'on se déteste soi-même, qu'on est mal, qu'on est bien mieux à Syracuse, sur le Fuji-Yama, etc. etc. Et comme ça quand on est vraiment dans le gris, on est vacciné, on sait boire la tasse en chantant une chanson où on se souvient de Syracuse, etc.
D'ailleurs moi aussi je suis comme ça: je me dépêche de faire un article grognon rose, des fois qu'on soit vraiment à la peine dans la suite, qui s'annonce grise et dure comme le mâchefer...
Alors finalement, voyons ce maillot. Mmmm, le cacadoie ? Arrf.. On en garde quand même un peu, rien que pour salir le rose et le gris lumineux. Sinon, on aurait mal aux yeux.
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12:45 Publié dans Mes coups de cœur , Mes coups de gueule , Top 14 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Stade français
samedi, 12 janvier 2008
Comment le rose s'extrait du cacadoie
Comment le rose s'extrait du cacadoie : le sens du contresens
par Mezetulle
Ouf, je sors épuisée de ma soirée télé d'hier. Le Stade français patine en 1re mi-temps, gâche l'avantage du vent, et finit très fort contre le vent pour gagner son match contre Bristol 19-11... Ils sont très fatigants à regarder. Ils sont comme la musique que j'aime : déroutante, rafraîchissante pour l'oreille, mais fatigante.
J'ai passé une soirée crispante, à vouloir regarder et à vouloir ne pas regarder, à guetter entre mes doigts à peine écartés devant mes yeux les pénalités et les balles rattrapées par un vent hostile... à hurler en mesurant les minuscules centimètres qui ont manqué au bras de Rémi Martin pour un essai classique et autres choses du même tonneau.
Et puis le charme est venu d'un jeu déployé et magnifique de ballons portés et de passes, étrangement, soudainement, souverainement, sur une pelouse grasse et défoncée, par une équipe couverte de boue qui aurait dû être essoufflée... Le rose vif taché de cacadoie leur va finalement très bien. Mais pas la peine de mettre le cacadoie d'avance sur le maillot : le cloaque de Jean Bouin pourvoit largement à la tâche et à la tache. Et c'est en pataugeant qu'ils deviennent assurés, aériens.
Ils font tout de travers, à travers, malgré. De toute façon, le rugby est de travers, et sans cacadoie le rose serait trop mièvre.
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19:40 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Stade français, Bristol
dimanche, 09 décembre 2007
Wet wet wet
Wet wet wet...
par Mezetulle
Plus qu'humide, diluvien : le temps des savonnettes, des glissades et des tirs rabattus par le vent est arrivé et assaisonne
copieusement les pelouses de la Coupe d'Europe de sa sauce lourde et froide... Bourgoin a bu cette tasse vendredi soir jusqu'à la lie, le nez dans la boue, pataugeant contre un Gloucester amphibie qui marchait sur l'eau, et qui faisait plus que flotter... Toulouse, plus glorieux même dans la défaite finale contre Leicester, a payé bien cher le déluge qui tirait un rideau de pluie sur l'envie du beau jeu.
Et le Stade français cet après-midi à Jean Bouin face à Cardiff a bien failli passer à la lessiveuse, bien dégoulinante, bien savonneuse. Et
dire que je me suis permis, le derrière vissé sur mon canapé bien sec, de pester vulgairement contre Skrela qui ratait une pénalité contre le vent... ! Il faut que je fasse amende honorable : c'est lui qui, par un plaquage à la fois rouleau compresseur et tire-bouchon, a ensuite sauvé le match qui était à la merci, depuis de longues minutes, d'une équipe galloise campant à quelques centimètres de la ligne d'en-but rose... Oui on peut gagner (ou plutôt ne pas perdre) un match grâce à un plaquage. Allez, ça vaut bien une pluie de coeurs roses...
Ouf, mais quand même, les Britanniques nous surnomment les Frogs. Des grenouilles, ça devrait pouvoir attraper et aplatir un ballon mouillé et surfer sur une pelouse saturée d'eau, non ? Bien sûr, même que les grenouilles ce week-end sont jaunes (Clermont-Wasps 37-27), sauf qu'à Clermont, il ne pleuvait pas tant que ça... Pour récolter quelques palmes, il va falloir mettre les palmes.
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22:52 Publié dans Coupe d’Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pluie, Toulouse, Leicester, Gloucester, Clermont, Stade français, Wasps
lundi, 19 novembre 2007
Club français cherchent recette de mayonnaise
Clubs français cherchent recette de mayonnaise
En lisant le billet précédent, vous avez cru que je retournais ma veste rose ? Il m'a semblé bien normal de ressortir mes
accessoires de fête pour célébrer cette magnifique victoire de Toulouse sur Leinster hier soir, et surtout pour signaler un match très différent des trois autres que j'ai vus ce week-end engageant des clubs français en Coupe d'Europe.
J'ai vu Biarritz-Saracens, Stade français-Bristol, Clermont-Munster. Le point commun c'est à mon avis que les clubs français ne sont pas encore bien "dans le coup", qu'ils ont besoin d'un petit tour de chauffe pour entrer vraiment dans cette compétition, et après tout rien d'étonnant ni de très très alarmant. On voit d'excellents joueurs, de très bonnes intentions, beaucoup de courage, mais ça manque de réglage, d'huile dans les rouages : la mayonnaise n'est pas prise. Question de mise au point, de technique collective.
J'excepte le match Bourgoin-Ulster, que je n'ai pas vu. Pour mes chouchous du Stade français, les choses sont un peu plus inquiétantes, l'infirmerie ne faisant que se remplir, Skrela et Fillol ayant leurs "jours" bons... et moins bons - en revanche je suis impressionnée par la régularité de Jeanjean. Rien qu'en voyant la tronche de Fabien Galthié dans les tribunes, je crois que je ne suis pas très loin du vrai... en ce moment la mayonnaise tourne... espérons que c'est uniquement faute d'ingrédients disponibles.
Voilà dans quel état d'esprit nous (1) allumons la télé hier soir, drapeau rose en berne, un peu dans la déprime et dans la brume d'une grippe tenace (à peine secourue par le mouchoir rouge et noir que Benoît annonçait sur un commentaire
injustement dépressif) : allez on va quand même regarder au moins le début, on se rabattra sur un film si (ou dès que) ça tourne mal... Et voilà que dès l'entame, c'est une impression totalement différente : une équipe toulousaine non seulement composée de grands joueurs, non seulement pleine d'envie et d'allant, mais parfaitement au point, une mécanique qui tourne à toute vitesse et qui envoie un jeu magnifique. Même si ce n'est pas très efficace en première mi-temps, on se dit que forcément ça paiera, on est au rugby il n'y a pas de fatalité, ce sont les forces et les habiletés qui décident ... et le résultat final est là, logique, reflétant rationnellement une parfaite homogénéité, homogénéité qu'on a pu mesurer par les changements de joueurs en seconde période : c'est tout juste si je me suis rendu compte que Kelleher avait remplacé Elissalde...!
Alors même si la Coupe d'Europe n'est pas encore partie vers Toulouse, c'est vers le Stade toulousain que, me
semble-t-il, les clubs français doivent porter leurs regards pour reprendre en main la recette de la bonne mayonnaise. Certes ça ne vide pas une infirmerie trop bien garnie, mais ça permet de ne pas oublier que le rugby est un sport fondamentalement collectif : un art de faire la mayonnaise, de réussir l'homogénéité et la fermeté d'une émulsion. Pour cela les bons ingrédients sont nécessaires mais pas suffisants, il faut un tour de main sans fébrilité, et un peu de temps.
C'est Greg qui va être content : parce que la mayonnaise d'ordinaire est jaune ! Mais il existe aussi des recettes de mayonnaise rose. Et même celles qui tournent, on peut toujours les rattraper.
(1) Nous c'est-à-dire mon mari Jean-Marie et moi. Dans un grand élan, JM a eu la bonne idée de souscrire abonnement à Canal +. Je crois qu'il ne s'est pas très bien rendu compte qu'il s'exposait à subir une moyenne de 3 matches par week-end. Si à cela on ajoute l'opéra (autre "sport sanguinaire"), et la danse contemporaine (autre "sport de corps à corps") c'est dur... Euh, je dois ajouter pour être complètement exacte qu'il a un petit faible pour le Stade toulousain.. donc en ce moment tout baigne (dans l'huile de mayonnaise bien sûr!).
16:05 Publié dans Actualités , Coupe d’Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Coupe d'Europe, Stade toulousain, Stade français
dimanche, 11 novembre 2007
H Cup : un diable de début
Coupe d'Europe : un diable de début !
par Mezetulle
Après un début de Top 14 qui renoue avec un rugby de mouvement, le rugby alerte, dégagé, risqué et plein de bulles se libère davantage encore dans ce début de H Cup sur les chapeaux de roue.
Je viens de voir deux matches.
Hier Stade français - Harlequins, d'un grand classicisme, avec un Skrela décidément bien inspiré et des essais d'anthologie - mais oui Christophe, tu as les cannes ! Les cacadoie ont réussi à conjurer le syndrome infirmerie+congés. De nouveau en phase avec la devise parisienne, puisant des ressources dans une réserve absente... et faisant plus que ne pas sombrer, réduisant les Harlequins en pièces. Le plus drôle c'est la petite moue distanciée de Fabien Galthié au moment de la victoire (37-17) : allez Fabien, retiens-toi de sourire, des fois qu'on voie que tu es content !!!
Mais aujourd'hui, on est passé du beau au sublime avec la rencontre Clermont - Llanelli, remportée haut la main par les jaunes (48-21). Un match totalement fou, endiablé, époustouflant, avec des passes, des renversements et des relances à n'en plus
finir, on en chavirait sur son fauteuil devant la télé ! Avec un truc que je n'ai encore jamais vu : on a même carrément joué dans l'en-but en fin de première mi-temps ! Ils sont fous ces Gallois. Et les jaunes qui en entame de 2e mi-temps s'essayent raisonnablement à "gérer" un score somme toute
confortable : ils prennent deux essais en quelques minutes. Il a fallu remonter bien vite la mécanique et passer à la seule défense efficace: l'attaque incessante ! La cerise sur le gâteau c'est que cette folie n'avait rien à voir avec de l'agitation: très peu de pénalités ont été sifflées.
Voilà ce qu'on aurait aimé voir chez les Bleus face à l'Argentine et à l'Angleterre : la capacité à adapter sa stratégie dont a fait preuve Clermont cet après-midi (mais encore faut-il avoir plusieurs stratégies pour faire cela!) et la versatilité positive de Paris, cette aptitude cartésienne à trouver encore quelque chose à gratter au fond d'un tiroir qu'on pouvait croire vide !
PS. Pour voir des photos du match Clermont-LLanelli, allez sur le blog de Greg.
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19:20 Publié dans Coupe d’Europe , Mes coups de cœur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Clermont, ASM, Paris, Stade français, LLanelli, Harlequins
samedi, 03 novembre 2007
Le drapeau rose assommé par la brique rose
Le drapeau rose assommé... par la brique rose
Stade toulousain - Stade français 3 novembre
par Mezetulle
Une brique toulousaine flamboyante... impénétrable et dure dans la défense, brûlante dans mêlées et les mauls, légère dans les renversements d'attaques dignes d'une anthologie. Si seulement on s'était régalé comme ça tout au long de la CdM !!!
Rien à dire, rien à faire : mes chouchous ont pris une belle leçon. On peut toujours se consoler en disant que c'est une espèce d'équipe B, que tout le monde est à l'infirmerie, qu'il y avait des jeunes pleins de promesses, que Toulouse avait ses "ténors" augmentés d'un Kelleher souverain... et que le contentieux France-Argentine est venu surdéterminer cette rencontre (ce qui s'est un peu vu à la fin..!). Rien que de voir la tronche de Fabien Galthié à la mi-temps, on avait compris que le mot d'ordre ne pourrait être que défensif : limiter les dégâts, c'est tout ce qu'ils pouvaient tenter de faire... et qu'ils n'ont pas trop fait, encaissant un essai à la dernière minute, même si Skrela était dans un de ses bons jours.
Chargé de briques roses jusqu'à la gueule, le vaisseau parisien boit la tasse. Entreprise de renflouage souhaitée et urgente si on ne veut pas voir certain Bouclier partir à la dérive.
Plombée par la déception, je suis incapable d'écrire un article agréable à lire : je vous renvoie au superbe article de Benoît Jeantet sur son blog Rugbymane. 
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18:50 Publié dans Top 14 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Stade toulousain, Stade français
samedi, 27 octobre 2007
Ouverture Top 14 au Stade de France
Ouverture Top 14 au Stade de France
par Mezetulle
Stade français Paris - Clermont ASM, 27 octobre.
Un match très offensif (on avait oublié que ça existe !) où on a vu de très belles actions, dominé par les Parisiens en 1re mi-temps, et par Clermont en deuxième moitié de seconde mi-temps qui a concrétisé une magnifique succession d'attaques par un essai de Broomhall. Le score est presque celui de la finale de la dernière saison mais le match présentait une physionomie très différente, beaucoup plus équilibrée. Je dois dire que j'ai bien mieux aimé celui-ci, avec une pensée pour Greg et Christophe : j'avais bien sûr revêtu l'écharpe bicolore du 9 juin !
Et les Clermontois sont là, moins nombreux que le 9 juin (en regardant bien : petite zone jaune sur la photo), mais le ramage est bien plus volumineux que le plumage !
Malgré une toute fin de match un peu cafouilleuse - essai refusé à Clermont au motif que Cudmore s'est introduit dans l'en-but en rampant et n'aurait donc pas "aplati"... bon, je n'étais pas de ce côté et je n'ai absolument rien vu - et pas mal de fautes, mes chouchous ont gagné 23-17. Après avoir vu l'essai de Mirco Bergamasco, le drop puis l'essai de Liebenberg, enfin Saubade traverser le terrain avec le ballon sous le bras, j'ai la certitude qu'ils vont vraiment s'accrocher au Bouclier très très fort et chercher les points de bonus.
Maintenant que je suis une habituée des lieux (voir "Le Stade de France pour les nuls") j'ai fait un parcours sans faute. Plus une seule hésitation de "bleu" au sujet de la meilleure station RER, du ravitaillement en eau, du parapluie qu'il vaut mieux laisser à la maison - d'ailleurs il ne pleut pas.
Non, la question "branchée" c'était plutôt : qu'est-ce que l'équipe de Max Guazzini aura inventé cette fois pour nous épater? Parce que le maillot camouflage on l'a déjà vu (pas terrible, surtout sur une pelouse). Je ne parle pas non plus du spectacle équestre, du mini-concert de Calogero, des Girls du Moulin Rouge... n'en jetez plus.
Déjà vu aussi le 9 juin : le tour de piste du Bouclier de Brennus. Alors là vous allez dire que je charrie, je suis vraiment difficile, blasée. OK mais quand même c'était la moindre des choses de le montrer encore une fois ! Et dans quel cortège : des motards ouvrant la voie à une Cadillac rose bonbon ! Un look rock d'enfer !
Et là, oups, il est passé (la photo numérique, surtout sur un téléphone portable, ça ne vaut pas les bon vieux reflex mécaniques au 1/1000e de seconde), vous pouvez juste voir un petit morceau d'une des Girls qui tiennent le glorieux trophée :
Et puis arrive sur la pelouse un char avec ce gros oeuf-ballon doré
23:00 Publié dans Actualités , Top 14 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Stade français, ASM Clermont, spectacle, opéra, Brennus







