samedi, 15 mars 2008

Rugby en salle et par procuration critique

Rugby en salle et par procuration critique

 par Mezetulle

Le programme de la Choule cet après-midi du 15 mars ? Scotchée sur France 2, enfilant les plus belles perles du rugby européen, avec Italie-Ecosse, puis Angleterre-Irlande pour exploser avec l'apothéose Pays de Galles-France ?

Mais non, vous n'y pensez pas : le calendrier des VI Nations, ne consultant jamais celui de la très vénérable Société française de philosophie (née en1901, à peu près en même temps que les rencontres qui ont donné naissance à ce bel objet sportif), La Choule enfilera des perles tout aussi prestigieuses dans l'amphithéâtre Michelet de la Sorbonne. medium_Dioptrique3.gifProgramme : réunion du bureau, Assemblée générale, Conférence, Débat, Réception du conférencier à la brasserie "Le Balzar"... Arrf, je pourrai toujours avoir le lot de consolation en Top 14 avec Perpignan-Montpellier en soirée et demain un Stade français-Clermont qui s'annonce plus que pathétique.

Sécher ? vous n'y pensez pas : c'est moi qui ai le carnet de chèques et sans moi ils ne pourront rien boire... Et puis la conférence sur Vico par Alain Pons sera sans aucun doute à la hauteur de l'intérêt d'une belle rencontre de rugby, la pensée critique ayant elle aussi, comme vous le savez, ses saveurs acides et ses moments "champagne". Enfin, sachez que le Bureau de la SFP est composé en grande majorité de maniaques des sports de balle (avec une petite tendance à préférer le foot pour certains d'entre eux, m'enfin...). Le logo de la SFP vous rappellera peut-être quelque chose: c'est le petit joueur de paume de la Dioptrique de Descartes, lui que j'ai toujours trouvé si bon pour le moral...

On aura donc le plaisir de parler, de faire nos pronostics, de dire tout le bien et le mal que nous pensons des joueurs, du sélectionneur, des arbitres, des maillots, de la pelouse, du temps qu'il fait, de célébrer les matches et les tournois de jadis et naguère, et de s'abandonner, pendant le pot, aux délices de quelques explications de texte du Midol. Non sans avoir soigneusement, avant de partir, programmé les magnétoscopes et autres enregistreurs.

Chers amis rugbymaniaques et amateurs de belles joutes critiques, ayez une pensée pour La Choule cet après-midi, et avant d'allumer vos étranges lucarnes, allez jeter un coup d'oeil sur le site internet de la Société française de philosophie...

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samedi, 08 mars 2008

Cafouillage sublimé à Croke Park

Cafouillage sublimé à Croke Park

 par Mezetulle

Un régal ce match Galles-Irlande...  et un régal aussi d'entendre Jérôme Cazalbou expliquer le seul essai de la rencontre, avec cet "appui sur raffût" qui a rencentré la course du joueur Gallois... on ressentait, avec les mots, les forces s'exercer.

C'est vrai que le match était passionnant, jusqu'à trois minutes de la fin où les Gallois ont mis au chaud quatre points d'avance en couvant le ballon par un jeu au ras "chronométrique".... un peu ennuyeux. Trois minutes d'ennui sur 80, ce n'est pas mal.

C'est vrai que les Irlandais peuvent s'en prendre à leur numéro 16, auteur d'un coup d'épaule gratuit qui aurait pu (dû) lui valoir un carton jaune au moment où la rencontre pouvait basculer ; même sans cette punition, la bêtise a été payée d'une pénalité en faveur des Gallois, leur donnant l'avance décisive en fin de partie.

Mais surtout, on est admiratif devant le jeu surabondant des Gallois. Surabondant, je veux dire par là qu'ils marquent bien en deçà des actions réelles, tant ils manquent parfois de jugement, tant ils se font pénaliser, jouant à 14 contre 15 pendant vingt minutes. Et c'est une vertu, de pouvoir jouer tellement tellement qu'en "scorant" 70% de ce qui était possible et prévisible, on gagne quand même ! Il y a longtemps qu'on avait vu un jeu où il faut en faire toujours un peu trop pour gagner. Un jeu qui ressemble à la cuisine de ma grand'mère : mets ce qu'il faut (pas la peine de mesurer, ça se voit) et rajoutes-en une cuillère, ça ne peut pas être mauvais.

Imaginons maintenant qu'ils puissent aligner le rendement sur l'investissement, rentrant dans le rang gestionnaire de "l'efficacité" rugbystique tant vantée ces derniers temps...
Beurk, non, pas ça, pas encore (le style des 3 minutes finales a montré qu'ils savent aussi le faire) : je les préfère avec leur majestueux cafouillage constamment rattrapé, constamment dépassé, homomorphe au rebond d'un ballon de rugby. Il y en a tellement qu'il en reste assez pour marquer et pour gagner ! Mais ça porte un nom en français, même que c'est une vertu : la générosité.

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dimanche, 10 février 2008

Saturne, un dieu fort inquiétant

"Il porte un joli nom, Saturne, mais c'est un dieu fort inquiétant"
Réflexion (encore) sur le temps

 par Mezetulle

Avant de regarder un match de l'équipe de France, je prends mes précautions en faisant une petite heure de cardio-endurance. D'abord ça me déculpabilise : je ne suis pas une sportive en chambre, et je peux tranquillement medium_elliptique.jpgavaler un peu de malbouffe comme il sied pendant le match, le derrière vissé sur mon canapé. Mais surtout,  j'ai pris cette habitude salutaire à force de regarder les matches du Stade français, horripilants et délicieux tellement ils sont incertains et victorieux de justesse en dernière minute. Pas besoin, comme le dit Brassens, de traverser des "équinoxes funestes" pour que "le petit bout de coeur qui me reste" (ou plutôt que mes chouchous me laissent) batte la breloque: il suffit de regarder le chrono. Les dix dernières minutes surtout.

France-Irlande samedi 9 février. Ma séance de cardio semble bien être une précaution inutile cette fois. Voilà que, souverains en habileté, servis par une double paire de chaussures orange, même qu'on aurait dit les ailes de Mercure multipliées par deux, la partie aérienne et flamboyante des dieux de l'Olympe en maillot bleu nous installe sur un nuage à la mi-temps avec une très confortable avance au score. Ouf mon coeur on peut rester calme.
Sauf que la partie terrestre et infernale des mêmes dieux fait défaut au cours de la deuxième période : les cartouches de l'habileté ne peuvent être tirées que si le soubassement de la force et de la persévérance (version morale de la force) tient jusqu'au bout. Sans Vulcain, sans Pluton, sans Neptune et leurs ministres obscurs, Mercure, Minerve et Jupiter lui-même sont impuissants. Et c'est là que le retour des dieux de la première génération risque d'être fatal sous la conduite du terrible Chronos (Saturne en latin), le temps qui dévore ses enfants. Le chrono, transformé en machine à dévorer les pointsmedium_SaturneCourteysEcouen.3.jpg d'avance allait-il transfigurer les diables verts irlandais en titans ? Non, mon coeur, mais tout de même, cinq minutes de plus et on était mal, non ?
Les Anglais, ce dimanche, ont eu quelques sueurs froides aussi, grignotés sur la pelouse du stade Flaminio à Rome par un Chronos qui commençait à pousser les Azzuri...

Voilà pourquoi, lorsque (dans ma première vie) j'étais professeur, je prenais soin, en faisant passer un examen oral, d'observer rigoureusement le temps limité de l'épreuve: vous n'imaginez pas le nombre de bêtises qu'on peut faire dire à un élève, surtout s'il est brillant, rien qu'en medium_chronosGoya.jpgpoussant un peu le chrono...

Imaginons maintenant un match qui durerait tout le temps, sur un terrain sans limites, un jeu qui ne s'arrêterait pas, une pièce de théâtre dont on ne verrait pas la fin, comme ce terrible et bien nommé Outrage au public de Peter Handke. Outrage absolu : à l'habileté, à la force elle-même, et à la liberté.

Et comme le dit encore le poète "Il porte un joli nom, Saturne, mais c'est un dieu fort inquiétant".

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dimanche, 03 février 2008

Réflexion sur la certitude et la sûreté

Réflexion sur la certitude et la sûreté (France-Ecosse 3 février 08)

 par Mezetulle

Pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître, ce premier match du nouveau XV de France à Murrayfield remporté largement 27 à 6 ! Une rencontre ouverte, alerte, du jeu, beaucoup de jeu. Et surtout, au-delà et même avec quelques fautes, de l'allant, de la confiance, de la cohésion. Aucune crispation, à peine un peu de fébrilité... juste un peu chez les "vieux" bien entendu, qui ont sans doute des souvenirs cuisants de stress, mais on pardonne à Elissalde ces deux pénalités manquées. On aurait dit qu'ils jouaient ensemble depuis plusieurs mois...

Ce qui me semble le plus caractéristique de cette entrée remarquable sur le terrain de la certitude est le comportement de la mêlée bleue. A la fois étonnant et rassurant : plus que bousculée tout d'abord, jusqu'à perdre un ballon sur introduction française, elle s'instruit elle-même de ses faiblesses, de ses dérapages, de ses erreurs et parvient à inverser la tendance en devenant puissante, dominatrice, sûre d'elle-même. Même si le "coaching" y est pour beaucoup, l'effet est tout de même présent : les néobulls, relevés par les paléobulls, ne peuvent, ne doivent que faire mieux.

medium_Taureau.jpgOn dit que le toro de corrida apprend tout en vingt minutes, il devient alors presque humain, pervers, retors, hésitant, et retarde ses actions : ayant perdu la sûreté de la bête, il est exécuté.

Les néo- et paléobulls de la mêlée bleue apprennent tout d'eux-mêmes et des autres en une moitié demedium_Melee.3.jpg mi-temps (si je calcule bien, ça fait aussi vingt minutes). Mais c'est, tout au contraire, pour chasser l'angoisse sans tout à fait l'abolir, prendre conscience de leur puissance et, toute fragilité surmontée, en relevant de leurs erreurs comme on revient immunisé d'une maladie, pour conquérir la sûreté d'une presque-bête dans sa variante hautement humaine, qui s'appelle la certitude. Aussi on leur souhaite longue vie, comme à la balle qu'ils font vivre. 

P.S. J'avais bien dit que, entre le cognac et le whisky, mon choix était fait ! Sauf que, partant pour Londres demain pour 3 jours, je ne pourrai que savourer ce bon début de Tournoi dignement dans un pub.

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dimanche, 01 avril 2007

Coup de théâtre pour l'issue du Tournoi des 6 Nations

Coup de théâtre pour l'issue du Tournoi des 6 Nations? Un arbitrage vidéo en question

 par Mezetulle

Le résultat du match France-Ecosse du 17 mars, qui a mis le XV de France sur le chemin de la victoire du Tournoi des 6 nations, pourrait être remis en cause. L'arbitrage vidéo qui a permis d'accorder l'essai à la 82e minute (Vermeulen, suivi medium_VictoireFranceEcosse_AP_.jpgd'une transformation par Beauxis), vient d'être sérieusement contesté par deux autres vidéos : ce n'est pas moins de sept gros points, et avec eux la différence décisive qui a placé la France finalement en tête du classement, qui seraient ainsi annulés!

 Parfaitement indépendantes l'une de l'autre, prises sous des angles différents par deux arbitres homologués, M. Fischer et M. Colin, les vidéos en question montreraient toutes deux un doigt écossais s'interposant entre la balle et le sol au moment crucial.

Contactés par l'agence de presse sportive Aquarium dont nous tenons cette nouvelle alarmante, les vidéastes n'ont pas souhaité faire de déclaration sur ce qui, d'ores et déjà et quelle que soit l'issue de ce coup de théâtre, apparaît comme du jamais vu dans l'histoire du rugby et de l'arbitrage vidéo en général. L'agence pour sa part précise que les enregistrements offrent toutes les garanties, notamment par la présence d'un verrouillage numérique interdisant toute manipulation a posteriori sur la carte mémoire des appareils.

Encore heureux qu'il  ne s'agisse pas d'un cheveu... Et n'empêche que le délai avec lequel nous parvient cette info pose un problème qui dépasse le simple chrono. A quand les matches virtuels joués au microscope électronique avec analyses ADN en temps réel ?

J'avoue ma perplexité devant un tel scoop et je me résous à le diffuser avec toute la prudence qui s'impose pour le moment. Affaire à suivre...

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samedi, 17 mars 2007

France-Ecosse ou les matches en tiroir

France-Ecosse ou les matches en tiroir. Hymne à Saturne

par Mezetulle

Passionnant, le décompte qui anime (s'il en était besoin) les dernières minutes de la rencontre France-Ecosse cet après-midi : car d'autres matches sont présents dans ce match, le résultat Italie-Irlande qui vient de se jouer fournissant l'arithmétique qui pathétise les deux essais marqués à la fin du match France-Ecosse : et c'est alors le match qui va se jouer entre Galles et Angleterre qui tient la clé.

D'abord trois petits points d'écart creusés in extremis par les Ecossais , puis remontés in cauda de l'in extremis (en bon français : au tout tout tout dernier moment) par les Français, et l'enjeu du Tournoi bascule pour se tourner vers le résultat du match Angleterre-Galles qui va commencer juste après...

Bon , je vous accorde que l'objectif était presque inaccessible pour les Anglais qui auraient dû remporter cette rencontre avec au moins 57 points... mais est-il rien d'impossible ?

 Admirable et insoutenable jeu de la chronologie géniale et diabolique de toute une après midi où se succèdent  Italie-Irlande, France-Ecosse et Angleterre-Galles. Présence poignante du passé et du futur dans quatre minutes du présent...medium_SaturneCourteysEcouen.jpg

Saturne, dieu du temps, tu dévores tes enfants : mais cette dévoration ne les engloutit pas, elle les fait exister !

Pour programmer une telle succession en une seule après-midi finale, il faut être sûr d'avoir affaire à de grandes équipes capables de retourner en dernière journée l'enjeu du tournoi, précisément parce qu'elles n'ont pas pu se départager avant ce dernier moment.medium_MainsMelees.jpg

Et pour suspendre l'issue d'un tournoi, la faire virer et revirer en quatre minutes finales entamées par un essai écossais sur passe sautée "au large" et  terminées par un essai français poussé puis aplati à la force collective, adoubé par l'arbitrage vidéo avant d''être transformé en cerise sur le gâteau (si j'avais inventé cette série, on m'accuserait d'invraisemblance), il faut effectivement être de grandes équipes. En quatre minutes, la totale !

 Du coup, je suis presque contente d'avoir été mécontente de la défaite du XV de France la semaine dernière... !

Quel bel objet sportif et intellectuel que ce Tournoi des 6 nations ! Et quel bel exemple "moral" d'équipes qui ne "s'arrangent" de rien, sauf du temps, des forces.. et de la victoire... medium_Betsen17mars_Reuters_.3.jpg

Ne boudons pas celle-ci, même si elle est "à l'arraché"

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dimanche, 11 mars 2007

Angleterre-France. Rose épineuse mais parfumée

Angleterre-France. Rose épineuse... mais parfumée !

Rose très épineuse, pleine de vigueur, d'allant, de couleur, de panache et d'endurance : elle a assuré le parfum et le plaisir spectaculaire de cette rencontre, face à un coq malencontreusement défensif qui finit par perdre ses ergots sur la pelouse de Twickenham.medium_Rose.jpg

On se consolera comme on peut en relisant Victor Hugo (Dédain - à Lord Byron, Les Feuilles d'automne) :

                              – Il dit par intervalles
Qu'il faut aux jours d'été l'aigre cri des cigales,
L'épine à mainte fleur ; que c'est le sort commun ;
Que ce serait pitié d'écraser la cigale ;
Que le trop bien est mal ; que la rose au Bengale
Pour être sans épine est aussi sans parfum.

Et en ajoutant, pour bien appuyer là où ça pique : "Rose is a rose is a rose is a rose" ... (Rugby Les Pins appréciera).

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samedi, 10 mars 2007

Italie-Galles : la pénaltouche et l'échéance

Italie-Galles : la pénaltouche et l'échéance mortelle

"Il y a pénaltouche lorsque l'équipe pour qui a été sifflée la pénalité décide de taper en touche au lieu de la tenter. Dans ce cas, c'est cette même équipe qui effectuera la remise en jeu." (1)


Cet après-midi, superbe exemple et bel objet de controverse à la fin du match Italie-Galles remporté par l'Italie 23 à 20.
A la 80e minute, en face des buts italiens, les Gallois bénéficient d'une pénalité. Mais gardons à l'esprit qu'on est à la 80e minute, et que la fin du match est imminente.medium_chrono.jpg
Vont-ils la tenter ? Si oui, ça ne fait jamais qu'une égalisation : pas terrible....  Alors - calcul - ils choisissent de jouer la touche : si celle-ci se déroule comme ils l'espèrent, ils ont une chance d'aller à l'essai et donc de remporter le match par 25-23 et même peut-être par 27-23 si l'essai est transformé.

La touche est trouvée à quelques mètres de la ligne de but italienne. Et c'est à ce moment-là que l'arbitre siffle la fin du match. Certains commentateurs n'hésitent pas à parler d'une "faute d'arbitrage".

Toujours est-il que voilà un beau sujet pour les philosophes : la question du temps, de la séquence et de l'échéance.

Est-ce la même chose d'une part de "laisser jouer" la séquence "tir de pénalité" (ou dans d'autres circonstances la séquence "essai marqué-tentative de transformation") alors qu'on est sur la limite de temps, et d'autre part de "laisser jouer" une touche ?  Il me semble que la question qui décide est : "jusqu'à quand ?"

Dans le premier cas c'est très clair et définissable a priori : jusqu'à ce que la balle quitte le pied du buteur et termine sa trajectoire. La séquence est une séquence finie, de même que la séquence "essai-transfo". Mais dans le second ?  La touche et ce qui la suit ne sont pas une séquence finie... et l'arbitre aurait aussi bien pu siffler la fin du match lors de la prise de balle, ou un dixième de seconde après celle-ci lorsque le joueur retombe au sol, ou même un un dixième de seconde avant un essai toujours potentiel... ? 

L'imminence de l'échéance, c'est toujours pathétique. Y compris pour les échéances qu'on joue, pour les petites échéances, parce qu'elles sont une allusion à la fois dérisoire et sublime à la grande échéance, à la seule qui compte et qui donne leur sel à toutes les autres sans lesquelles on ne ferait jamais rien, on ne tenterait jamais rien.

(1) Mathieu Lasselin : Le rugby en quelques mots français-anglais Maitrise LEA - 2002 / 2003 - Université Sorbonne nouvelle - Paris III Responsable : Loïc Depecker 

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